Équipe curatoriale :
Cédric Fauq
avec Stéphanie Cottin et Milena Páez-Barbat, Marion Vasseur Raluy, Alice Cavender et Anne Cadenet
Pollen est le troisième des récits de collection et fait suite au Tour du jour en quatre-vingts mondes ainsi qu’à Amour Systémique. À travers une sélection d’œuvres récentes et historiques, Pollen pense notre rapport à nos environnements – notamment naturels – et à leurs organismes : végétaux, animaux mais aussi minéraux.
L’exposition Pollen se demande si l’expérience de l’art peut aider à mieux regarder notre environnement ou du moins peut permettre de le regarder – et donc de le concevoir – « autrement ». Une question qui se fait d’autant plus importante à l’heure où la multiplicité des discours scientifiques et de la production journalistique et documentaire sur les crises écologiques contemporaines semble avoir des effets limités de prise de conscience collective. Alors, quels modes de récits peuvent changer nos rapports à la nature ? Quelles formes peuvent permettre à la fois de décentrer nos regards sur nos mondes et remettre en jeu nos manières d’exister dans celui-ci ?
Le titre de l’exposition fait référence à l’œuvre Pollen de noisetier (1992) de l’artiste allemand Wolfgang Laib. Cette œuvre, composée de pollen de noisetier, comme son titre l’indique, récolté par l’artiste, a changé de couleur depuis sa première exposition. La présence de cette matière naturelle « pure » au sein des collections pose question quant à son instabilité mais aussi car elle peut encore, potentiellement, attirer des insectes. Si le geste de Wolfgang Laib est empreint d’un grand respect pour la nature voire d’une forme de spiritualité, il pourrait aussi – aux premiers abords – être considéré comme une forme d’extraction.
À partir de ces réflexions, Pollen déploie un parcours d’œuvres de la collection qui rend à la fois compte de la source d’inspiration que représente la nature pour les artistes, mais aussi, et surtout, fait un récit critique de nos rapports à celle-ci. L’extractivisme, la toxicité et la circulation de denrées sont autant de sujets abordés par l’exposition sous des formes aussi diverses que la vidéo, la sculpture, la peinture et l’installation.
Pollen fait spécifiquement la part belle à un grand nombre d’acquisitions récentes de la collection avec des œuvres de Chiara Camoni, Olivia Erlanger, Roy Kohnke, Kapwani Kiwanga, Nina Beier, Sébastien Vonier, Samara Scott, Julien Creuzet, Gina Pane et Lubaina Himid. En plus des œuvres de la collection, Pollen sera également l’occasion de déployer le travail d’artistes qui ont « effleuré » le Capc. Quatre artistes seront ainsi l’objet « d’accrochage dans l’accrochage » au cours des deux ans de l’exposition. Des œuvres de chaque artiste seront montrées pendant six mois, alternativement, pour polliniser les œuvres de la collection. La première étant Emma Reyes.
Avec : Caroline Achaintre, Rosa Barba, Nina Beier, Hicham Berrada, Anna Boghighian, Chiara Camoni, Julien Creuzet, Jesse Darling, Olivia Erlanger, Louis L. Henderson, Lubaina Himid, Kapwani Kiwanga, Roy Köhnke, Wolfgang Laib, Joan Mitchell, Charly Mirambeau, Olivier Mosset, Oscar Murillo, Otobong Nkanga, Masahide Otani, Tony Oursler, Gina Pane, Naufus Ramírez-Figueroa, Emma Reyes, David Ryan, Samara Scott, Jean-Paul Thibeau, Wolfgang Tillmans, Sébastien Vonier
Artiste invitée #1 : Emma Reyes (28.03.2025 - 29.09.2025)
Artiste invitée #2 : Kinke Kooi (06.10.2025 - 01.03.2026)
Artiste invitée #3 : Ben Thorp Brown (31.03.2026 - 20.09.2026)
Artiste invitée #4 : Faith Wilding (29.09.2026 - 31.01.2027)
Équipe curatoriale : Cédric Fauq avec Stéphanie Cottin et Milena Páez-Barbat (Emma Reyes), Marion Vasseur Raluy (Kinke Kooi), Alice Cavender (Ben Thorp Brown) et Anne Cadenet (Faith Wilding)
Le Capc remercie les prêteurs des œuvres d’Emma Reyes et tout particulièrement la Ville de Périgueux – Musée d’art et d’archéologie du Périgord ainsi que la galerie Crèvecoeur.
Chapitre 1 - Artiste invitée : Emma Reyes
28.03.2025 - 29.09.2025
Commissaires : Stéphanie Cottin et Milena Páez-Barbat
Emma Reyes, Untitled, 1990. Vue de l'exposition Pollen, Capc, 2025. Photo : Arthur Péquin
Emma Reyes est née en 1919 à Bogota en Colombie. Artiste autodidacte, elle a cherché tout au long de sa carrière à proposer une contre-peinture, la peinture d’une approche du monde qui décentre l’humain, une peinture de l’altérité. Au contact de personnalités comme les peintres Diego Rivera (1886-1957) et André Lhote (1885-1962), qui lui conseillent de garder la spécificité de son trait et de sa culture, elle tropicalisera et décolonisera ce médium.
Après avoir été enfermée dans un couvent de Bogota de ses 5 à 18 ans, où s’est forgée son imagination sans limites, elle mène une vie itinérante trépidante, fait de la France sa terre d’adoption en 1960 et installe son atelier trois décennies plus tard au 76, rue Mazarin à Bordeaux. Elle y décède en 2003 dans l’anonymat presque complet.
Le dialogue avec les œuvres de la collection du Capc pour l’exposition Pollen se concentre sur deux séries commencées dans les années 1970 et achevées à Bordeaux au début des années 1990 : les Portraits imaginaires et les Fleurs, fruits et légumes. Ces séries d’œuvres atteignent leur maturité lorsqu’Emma Reyes peint des personnages en couleur, souvent pris dans une végétation luxuriante, ni homme ni femme, des humains en relation avec des non-humains, et des fleurs flamboyantes plus grandes que nature.
La facture de sa peinture, qui s’apparente à de la broderie et du tissage, fait jouer entre elles les mille lignes qui construisent ses motifs. Elles traduisent visuellement la dilution des frontières entre les espèces, dans un amalgame humanoïde, végétal et animal.
Entretien avec Stéphanie Cottin et Miléna Paez Barbat
Chapitre 2 - Artiste invitée : Kinke Kooi
06.10.2025 - 01.03.2026
Commissaire : Marion Vasseur Raluy
Kinke Kooi, Searching for Immanence, 2019
Kinke Kooi est une artiste néerlandaise née en 1961 à Leeuwarden (Pays-Bas). Elle a étudié à l’Académie des Beaux-Arts d’Arnhem. Elle vit et travaille toujours dans cette même ville d’où elle peint – entre autres – la faune et la flore de son jardin. Dans son travail, elle fait usage de plusieurs techniques telles que le dessin au graphite, la peinture à l’aquarelle et – parfois – le collage. Si elle ne s’est jamais arrêtée de créer en 40 ans, son travail a connu un regain d’intérêt depuis une dizaine d’années. Sa popularité est telle qu’en 2019, une de ses peintures a été presentée dans un catalogue Ikea.
Dans ses œuvres, Kinke Kooi amplifie des détails de corps humains, animaux ou encore d’éléments végétaux. Ceux-ci sont représentés sans hiérarchie : on y trouve ou devine des fleurs, des abeilles, des escargots, des coquillages et des organes sexuels. Son travail, résolument féministe, traite de sujets comme l’enfermement, l’hospitalité, la métamorphose et notre rapport à la nature. Elle s’inspire principalement de femmes qui l’entourent comme par exemple sa mère.
Dans l’exposition Pollen, la sélection d’œuvres exposées reflète son intérêt pour le monde végétal et ses potentiels rapprochements avec l’humain. L’intérieur des fleurs devient un refuge, les yeux la source qui pourrait nourrir les pétales, et des organes génitaux le terreau duquel un jardin potager peut émerger. Un des aspects des végétaux qui intéresse tout particulièrement Kinke Kooi est l’hermaphrodisme des plantes à fleur : c’est-à-dire qu’elles contiennent en elles à la fois les appareils reproducteurs dits mâles (étamines) et femelles (pistil).
Les œuvres de Kinke Kooi font partie des collections de musées aux Pays-Bas tels que le Rijksmuseum Amsterdam et de diverses collections privées aux États-Unis, où elle expose régulièrement depuis 1995. Au Capc, ses œuvres ont pour la première fois été présentées dans l’exposition Le Club du Poisson-Lune en 2021.
Entretien avec Kinke Kooi et Marion Vasseur Raluy
Chapitre 3 - Artiste invité : Ben Thorp Brown
31.03.2026 - 20.09.2026
Commissaire : Alice Cavender
Ben Thorp Brown, Cura's Garden, 2023-∞. Photo : Michiel de Cleene
Du 31 mars au 13 septembre 2026, l’artiste américain Ben Thorp Brown est invité pour « polliniser » le récit de collection Pollen. Né en 1983 à New York, Ben Thorp Brown est un artiste et cinéaste basé à Brooklyn, dont la pratique mêle film, sculpture, performance et installation. Ses œuvres explorent les effets des transformations économiques, environnementales et technologiques sur les corps, les affects et l’architecture, à travers des dispositifs immersifs comme le projet « The Arcadia Center » autour de l’empathie et du soin. Formé au Williams College, à la School of the Art Institute of Chicago et au Whitney Independent Study Program, il a notamment exposé au Whitney Museum, au MoMA PS1, au Sculpture Center et à la Biennale de Vienne.
Compris dans le prix du billet d'entrée
Gratuit pour un accompagnant par enfant avec la carte jeune
Horaires : Ouvert de 11h à 18h
Dernières entrées dans l'espace à 17h15
Le Cool Kids Space est une galerie imaginée spécialement pour les enfants et leurs familles. Conçu par l’artiste Mathis Collins, cet environnement immersif et coloré propose un espace de liberté à parcourir en toute autonomie, et invite les plus jeunes à expérimenter l’art à travers le jeu, la narration et l’exploration.
Pensé comme un lieu vivant et évolutif, le Cool Kids* Space offre une expérience participative où l’imaginaire et la créativité seront au cœur de l’aventure. Jardin partagé des tout-petits, livres géants, installations interactives, formes colorées et références à l’univers du musée composent cet espace conçu pour éveiller la curiosité et stimuler l’expression de 2 à 8 ans.
Direction artistique : Mathis Collins
assisté d’Alice Cavender, Thibault Mahieux, Marie Gomez, Pascaline Morincome, Nathanaël Moix, Alia Sembene.
Scénographie de l’espace d’accueil : Virginie Linxe
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Mathis Collins
Mêlant sculpture, performance, poésie et ateliers participatifs, le travail de Mathis Collins (né en 1986) s’inspire de l’histoire des arts populaires, de l’artisanat et de la commedia dell’arte pour mieux interroger la figure complexe de l’artiste, le rapport de l’art au pouvoir politique, ou les frontières fragiles entre pratiques amateur et professionnelle. Ses oeuvres ont été exposées au Palais de Tokyo, au Centre Pompidou, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, au Frac Île-de-France, au Capc de Bordeaux, à la Criée à Rennes, à la Riijksakademie d’Amsterdam, à 1m3 Lausanne ou à Longtang Zürich.
Du 12 janvier au 31 mai 2026, le Capc accueille en résidence Lila Torquéo.
Lila Torquéo (1994) est curatrice et autrice indépendante, basée entre Paris et Bordeaux. Son travail prend corps dans des expositions, des éditions et des maquettes. Récemment, elle a curaté l'exposition de Fabienne Audéoud Der Laden mit den blauen Pullovern à l’Institut français de Berlin, pensée à partir de l’uniforme bleu marine, symbole du pouvoir républicain. Elle a également curaté The Airbag Generation à Medusa (Bruxelles), qui portait sur les enjeux érotiques et économiques de la peau, autour de la figure de Lolo Ferrari. Elle s’intéresse aux dimensions intimes et politiques d’architectures domestiques et charnelles, au cœur de l’exposition CRÛ dans le Palais des Beaux-Arts de Paris. Elle s’est immiscée dans l’esprit bourgeois bohème de la Cité Montmartre (Paris), où elle a curaté plusieurs expositions, dont La Fondation Giacobetti, une institution miniature où s’est tenue l’exposition de Nastassia Kotava et Darya Danilovitch. Dans l’exposition Attaches parisiennes pour poignées de porte, elle a fait de la maison de poupées une méthode pour repenser les espaces de la Villa Belleville (Paris) et les liens des artistes résident·es. Son intérêt pour l’usage de la réappropriation dans des pratiques artistiques et militantes, infuse l’exposition/édition qu’elle a co-curatée avec Lou Ferrand, lors de sa résidence aux Beaux-Arts de Paris, en collaboration avec Act Up-Paris et l’Académie Gay & Lesbienne.
Elle a été intervenante invitée avec Lou Ferrand au séminaire de Clara Schulmann (Beaux-Arts de Paris) autour de l’œuvre de Kathy Acker et de Mélanie Matranga, ainsi que de Vincent Romagny (École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon) pour discuter de l’archive exposée. Plus récemment, elle a enseigné l’histoire de l’art contemporain à l’ebabx – école supérieure des beaux-arts de Bordeaux, dans son cours intitulé Sisters of Negation.
Conformément aux objectifs de la résidence curatoriale au Capc, qui visent à articuler un travail de recherche mené à partir des archives et une réflexion sur les enjeux pédagogiques liés aux pratiques curatoriales, Lila Torquéo développe une attention particulière à des formes de langage mobilisées au sein et en marge des institutions. En collaboration avec l’ebabx, la commissaire engage une réflexion sur l'écriture au sens élargi, interrogeant la posture des commissaires d’exposition autant que celle des artistes. Elle s’intéresse à des publications papier d’artistes liées à Bordeaux et à des œuvres qui permettent de réfléchir à l’usage des mots dans des lieux de diffusion et de circulation, de la publication imprimée aux réseaux sociaux, où les mots incarnent des rapports de pouvoir, de résistance et de désir. À cette recherche dans les fonds du Capc et de son ancien espace militant, la Galerie pour la vie, s’ajoute un travail avec des étudiant·es de l’ebabx autour de pratiques visuelles et éditoriales.
Nef
Tarifs :
8€ / 4,50€, tarif réduit / 2€, étudiants
Pour sa première exposition muséale en Europe, l’artiste hongkongais Trevor Yeung est invité à investir la nef du Capc pour y déployer son univers empreint de magie et d’étrangeté. L'artiste transforme l'architecture de l'ancien entrepôt de denrées coloniales en paysage artificiel, tel un vivarium à grande échelle composé d'un double arc-en-ciel, des soleils mutants ainsi que des champignons lumineux.
Au cœur de la nef, un pont en structure d’échafaudage permettra aux publics de s’élever dans les hauteurs de l’espace et prendre un autre point de vue sur celui-ci. Cette structure est également le support de rubans colorés que les publics seront amenés à accrocher tout au long de l’exposition, utilisant le pont comme un arbre à voeux. Représentant un arc-en-ciel in progress, cette œuvre s’inscrit dans le sillage du travail de Trevor Yeung, qui donne aux phénomènes naturels ainsi qu'à nos désirs des formes sculpturales pour les appréhender autrement. La nef entière sera baignée de couleur verte, travaillée ici comme un monochrome à grande échelle.
Trevor Yeung mobilise l’écologie botanique, l’horticulture et les systèmes d’aquariums comme des dispositifs métaphoriques traduisant l’émancipation des désirs dans le champ des relations humaines. Son œuvre, nourrie à la fois d’expériences personnelles et de mythologie, se déploie du médium photographique à des environnements immersifs de grande envergure. En orchestrant des systèmes à différentes échelles, Trevor Yeung interroge les logiques de contrôle, d’interdépendance et de vulnérabilité qui façonnent nos structures sociales et affectives.
Né en 1988 dans la province du Guangdong, en Chine, Trevor Yeung est diplômé de l’Académie des arts visuels de l’Université baptiste de Hong Kong en 2010. Il vit et travaille aujourd’hui à Hong Kong. En 2024, il a représenté Hong Kong dans le cadre d’un événement collatéral de la 60e Biennale de Venise. Il a récemment présenté des expositions personnelles au M+ à Hong Kong et à la Kestner Gesellschaft à Hanovre.
Partenaires : Layher, EVL Echafaudages Groupe VAHAU et Collection RAJA - Art Contemporain
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Télécharger le dossier pédagogique
5 € + prix du billet d'entrée
En compagnie d’une médiatrice, découvrez l'installation monumentale et immersive de l'artiste hongkongais Trevor Yeung dans la nef du musée. Inspiré du mythe chinois des dix soleils, l'artiste transforme l'architecture de l'ancien entrepôt en un paysage artificiel baigné de lumière verte, tel un vivarium à grande échelle.
5 € + prix du billet d'entrée
Réservation en ligne ICI
Pour les 20 mois - 3 ans
Cette visite invite à entrer dans l’univers de Trevor Yeung, qui a plongé le musée non pas dans l’obscurité, mais dans une atmosphère verte. À travers un ancien conte venu de Chine, et bercé par le son des carillons, le voyage nous entrainera entre arc-en-ciel, lune et neuf soleils.
5 € + prix du billet d’entrée
Parcourez l’exposition Jardin des neuf soleils en compagnie de Cédric Fauq, commissaire de l’exposition et commissaire en chef du Capc. L’occasion d’entrer au coeur de la conception du projet et de découvrir les détails de sa fabrication.
Réservation en ligne ICI
5 € + prix du billet d'entrée
Pour les 4 - 6 ans
Cette visite invite à entrer dans l’univers de Trevor Yeung, qui a plongé le musée non pas dans l’obscurité, mais dans une atmosphère verte. À travers un ancien conte venu de Chine, et bercé par le son des carillons, le voyage nous entrainera entre arc-en-ciel, lune et neuf soleils.
Entrée gratuite
La boutique du Capc organise une braderie de livres exceptionnelle sur les terrasses du musée. Catalogues d’exposition, éditions rares et autres publications consacrées à l’art contemporain seront proposés à prix réduits.
Commissaires : Cédric Fauq et Salma Mochtari
Tarifs :
8€ / 4,50€, tarif réduit / 2€, étudiants
Ces dernières années, un grand nombre de mouvements, revendications, crises et débats apparaissent comme des signes que la colonisation par la France des territoires aujourd’hui appelés « ultramarins » à partir du XVIe siècle structure le contemporain – on parle de “continuum colonial”. C’est dire aussi que le système esclavagiste qui a été implanté à partir du XVIIe siècle sur ces mêmes territoires, couplé au développement de la traite dite “négrière”, ont laissé des séquelles vives sur les terres, les corps et les esprits, au-delà de son abolition officielle en 1848. Blackground : murmures des mornes rassemble près d’une cinquantaine d’artistes qui travaillent à partir des survivances de l’esclavage colonial1.
Les pratiques des artistes réunis dans cette exposition cherchent à élargir les formes que peuvent prendre la mémoire, à mettre en lumière et occuper les « manques » de l’histoire officielle, mais aussi à créer à partir de gestes et traces de résistances. Elles partent du postulat que le monde dans lequel nous vivons ne peut se comprendre sans ce blackground, arrière-plan noir qui résiste à l’intérieur même de l’histoire de la domination. Leurs œuvres nous amènent à écouter les chants, les cris et les chuchotements qui viennent des mornes, espaces de marronnage, de refuge et de communauté, tout en refusant le spectacle de la violence.
Le projet Blackground : murmures des mornes se déploie en plusieurs temps. D’abord par un ensemble d’expositions au Capc musée d’art contemporain de Bordeaux, au Frac MÉCA, à la Bibliothèque Mériadeck ainsi qu’au Musée d’Aquitaine. Dans ces institutions, chaque exposition collective répond au contexte particulier dans laquelle elle s’inscrit : le Capc se pose la question de la plantation et du monument à partir de son inscription dans un ancien entrepôt de denrées coloniales ; au FRAC Meca, c’est la vue sur la Garonne qui engendre une réflexion sur et par l’eau ; à la Bibliothèque Mériadeck, ce sont les écrits de Maryse Condé, Angela Davis et Suzanne Roussi-Césaire qui forment un noyau de réflexion sur la langue2; et enfin, au Musée d’Aquitaine, des œuvres s’infiltrent dans le parcours permanent pour offrir des points de fuite à l’histoire officielle.
Plus tard dans l’année, à Zébra3 puis aux Archives de Bordeaux Métropole, l’artiste Simon Gabourg est invité à développer un projet en deux temps qui part d’une réflexion sur l’histoire de la culture du caoutchouc, entre la Guadeloupe, la France et le Vietnam.
1. Traduction de l’expression ‘afterlives of slavery’ de l’universitaire américaine Saidiya Hartman.
2. Ce projet est une reprise et adaptation de Correspondances. Lire Angela Davis, Audre Lorde, Toni Morrison qui s’est tenu au Crédac à Ivry-sur-Seine en 2024 et dont les commissaires étaient Claire Le Restif et Elvan Zabunyan.
Artistes (liste non définitive) : Annabelle Abgo Godeau, Mathieu Abonnenc, Malala Andrialavidrazana, Tania Arancia Marie, Jordan Beal, Yassine Ben Abdallah, Minia Biabiany, Hannah Black, Kenny Cairo, Gaëlle Choisne, Julien Creuzet, Danielle Dean, Caroline Deodat, Boz Deseo Garden, Inès Di Folco Jemni, Binta Diaw, Ayoh Kré Duchâtelet, Kenny Dunkan, Lucas Erin, Alexandre Erre, Pap Souleye Fall, Simon Gabourg, Dan Guthrie, Madeleine Hunt-Ehrlich, Audrey & Maxime Jean-Baptiste, Rudy Kanhye, Belinda Kazeem-Kaminski, Iris Kensmil, Ligia Lewis, Jota Mombaça, Shaun Motsi, Moye, Nathalie Muchamad, Ina Nian, Josèfa Ntjam, Olu Ogunnaike, Shenece Oretha, Nolan Oswald Dennis, Katrina Palmer, Mathias C. Pfund, Thomias Radin, Noam Rezgui, Xavier Robles De Medina, Fanny Souade Sow, Dominique White.
Autres lieux : Frac MÉCA, Musée d’Aquitaine, Bibliothèque Mériadeck, Zébra3, Archives Bordeaux Métropole
Partenaires : FABA Fundación Almine y Bernard Ruiz Picasso, Fluxus art projects, Casden, EVL Echafaudages Groupe Vahau, Smurfit Westrock, Crédac.
Gratuit
À l'occasion de l'inauguration de l'exposition SomaSemaSoma avec Alexandra Bircken, le Capc vous proposeune conférence inaugurale. Au cours de cette conférence, les commissaires Sandra Patron et Paul Bernard échangeront avec l’artiste Alexandra Bircken sur sa pratique et la genèse du projet d’exposition au Capc.
Réservation, ici
Au programme
Jeudi 11 juin
18h - 19h
Conférence inaugurale avec Alexandra Bircken, Paul Bernard et Sandra Patron
Gratuit
19h30 - 22h30
Vernissage + Dj set de ONLY LOVERS (Elodie Nelson et Doux Jesus)
Café du Musée, gratuit
La soirée de vernissage se prolongera par un moment musical placé sous le signe de la convivialité sur les terrasses du Café du Musée by Vivants. Aux platines, deux amants DJs, Elodie Nelson et Doux Jesus construisent des sets libres, audacieux et imprévisibles mêlant sans limites indie pop, post-punk, disco et électro.
Le jeudi 11 juin prochain, le Capc vous attend nombreuses et nombreux à l’occasion de la soirée d’inauguration de ses deux nouvelles expositions : SomaSemaSoma, de l’artiste allemande Alexandra Bircken, et Blackground : murmures des mornes, une exposition collective explorant les héritages et les survivances de l’esclavage colonial.
Vernissage des nouvelles expositions
Alexandra Bircken, SomaSemaSoma
12.06.2026 - 03.01.2027
En savoir +
Blackground : murmures des mornes
12.06.2026 - 28.03.2027
En savoir +
-
Programme d'ouverture des expositions
18h - 19h
Conférence inaugurale d'Alexandra Bircken
avec l'artiste et les commissaires Paul Bernard et Sandra Patron
Réservation en ligne ICI
En savoir +
19h
Lancement du vernissage des expositions au Capc
19h30 - 22h30
DJ set de Only Lovers sur les terrasses du Capc
La soirée se prolongera par un moment musical placé sous le signe de la convivialité sur les terrasses du Café du Musée by Vivants. Aux platines, ONLY LOVERS, deux amants DJs, Elodie Nelson et Doux Jesus construisent des sets libres, audacieux et imprévisibles mêlant sans limites indie pop, post-punk, disco et électro.
Tarifs :
8€ / 4,50€, tarif réduit / 2€, étudiants
Le Capc consacre une exposition monographique d’envergure à l’artiste allemande Alexandra Bircken. Figure majeure de la scène artistique allemande contemporaine, Alexandra Bircken a débuté sa carrière dans le monde de la mode au milieu des années 1990. Elle fonde alors sa propre marque et développe son activité à Londres puis à Paris. De retour en Allemagne au début des années 2000, elle tourne petit à petit le dos à la mode. Ses vêtements et accessoires échappent de plus en plus aux catégories d’usage pour devenir des œuvres à part entière.
Alexandra Bircken développe depuis cette période une pratique sculpturale qui interroge les relations entre corps, technologie et structures sociales. Elle déploie une œuvre ambivalente, à la fois cyborg et androgyne, qui interroge les comportements et les désirs humains, mais aussi la vulnérabilité des corps dans leur rapport avec la technique. Les formes hybrides imaginées par l’artiste peuvent être lues comme des métaphores des corps soumis à des normes—esthétiques, productives, genrées— ou traversés par des flux d’information et de pouvoir. L’exposition au Capc met en perspective des œuvres emblématiques de la dernière décennie dans un parcours conçu comme une traversée des corps—corps individuels, corps sociaux, corps machinés. SomaSemaSoma offre une occasion rare d’appréhender la cohérence et la radicalité d’une œuvre qui interroge les conditions mêmes de notre corporéité contemporaine.
En coproduction avec Culturgest, Lisbonne (Portugal) ; KBCB, Centre d’art de Bienne (Suisse) et Marta Herford Museum (Allemagne)
À l’occasion de l’inauguration du projet Blackground : murmures des mornes, déployé à l’échelle de la ville, une journée de visites, lectures et conférence sera ponctuée, dans la soirée, par un DJ set à la Fabrique Pola.
Samedi 13 juin, 11h—00h
Visites commentées des expositions par les commissaires
11h
Frac MÉCA
13h
Musée d’Aquitaine
14h
Bibliothèque Mériadeck
16h
Capc Conférence inaugurale
18h—00h
Pola DJ set—Carte blanche à Simon Gabourg
À l'occasion de cette conférence, les commissaires Cédric Fauq et Salma Mochtari reviennent sur la genèse de ce projet d'exposition et sur leurs réflexions autour des survivances contemporaines de l'esclavage colonial.
5 € + prix du billet d'entrée
En compagnie d’une médiatrice, découvrez Blackground : murmures des mornes, une expositions qui rassemble près d’une cinquantaine d’artistes qui travaillent à partir des survivances de l’esclavage colonial.
Leurs pratiques partent du postulat que le monde dans lequel nous vivons ne peut se comprendre sans ce blackground, arrière plan noir qui résiste à l’intérieur même de l’histoire de la domination. Leurs œuvres nous amènent à écouter les chants, les cris et les chuchotements qui viennent des mornes, espaces de marronnage, de refuge et de communauté, tout en refusant le spectacle de la violence.
5 € + prix du billet d’entrée
Que l’on soit une jeune pousse ou dans la fleur de l’âge, cette visite invite à accueillir l’été dans l’exposition Pollen lors d’un blind test en chanson autour de la thématique florale.
Gratuit
Le Capc accueille un temps fort du programme de lectures INSITU/Lire le monde, lire ma ville autour de l’histoire coloniale de l’Entrepôt Lainé, en lien avec les réflexions menées autour de l’exposition Blackground : murmures des mornes.
INSITU/Lire le monde, lire ma ville est un programme de lectures en public d'extraits de textes d’auteurs étrangers mis en voix par des comédiens dans des lieux insolites à Bordeaux et dans d’autres villes de la métropole bordelaise.
Créé à Bordeaux en 2015, ce projet est une double invitation à « aiguiser » la curiosité et l’intérêt de publics diversifiés à une forme inédite et unique : la mise en résonance d’un texte avec un lieu. Le temps d’un week-end, ce marathon littéraire propose une quinzaine de lectures d’une durée de 20 minutes maximum pour découvrir des lieux inédits.
À chaque édition, l’association Lettres du monde confie la sélection des textes aux bibliothécaires des villes partenaires.
Plein tarif 7 € / demi-journée
Réduit 5 € / demi-journée avec la
Carte jeune
Duo adulte—enfant
Pour les 4—6 ans
Cet atelier propose aux enfants de participer à la conception de l’Usine à cubes avec l’artiste Landry Munoz. Cette installation géante en carton sera activée pour le Cool Kids Club, le grand week-end famille des 10 et 11 octobre au Capc !
5 € + prix du billet d'entrée
Pour les 4 - 6 ans
Cette visite invite à entrer dans l’univers de Trevor Yeung, qui a plongé le musée non pas dans l’obscurité, mais dans une atmosphère verte. À travers un ancien conte venu de Chine, et bercé par le son des carillons, le voyage nous entrainera entre arc-en-ciel, lune et neuf soleils.
5 € + prix du billet d'entrée
Réservation en ligne ICI
Pour les 20 mois - 3 ans
Cette visite invite à entrer dans l’univers de Trevor Yeung, qui a plongé le musée non pas dans l’obscurité, mais dans une atmosphère verte. À travers un ancien conte venu de Chine, et bercé par le son des carillons, le voyage nous entrainera entre arc-en-ciel, lune et neuf soleils.
Plein tarif 7 € / demi-journée
Réduit 5 € / demi-journée avec la
Carte jeune
Duo adulte—enfant
Pour les 7 - 11 ans
Cet atelier propose aux enfants de participer à la conception de l’Usine à cubes avec l’artiste Landry Munoz. Cette installation géante en carton sera activée pour le Cool Kids Club, le grand week-end famille des 10 et 11 octobre au Capc !
Entrée gratuite
Profitez des soirées Terrasses nocturnes pour découvrir l’exposition immersive de Trevor Yeung dans la nef du musée avant de prolonger la soirée sur le rooftop autour d’un verre et de quelques mezzés pour profiter de l’ambiance estivale au son des DJ sets proposés par plusieurs collectifs bordelais. En collaboration avec le Café du Musée by Vivants
Entrée gratuite
Profitez des soirées Terrasses nocturnes pour découvrir l’exposition immersive de Trevor Yeung dans la nef du musée avant de prolonger la soirée sur le rooftop autour d’un verre et de quelques mezzés pour profiter de l’ambiance estivale au son des DJ sets proposés par plusieurs collectifs bordelais. En collaboration avec le Café du Musée by Vivants.
T. 05 56 00 81 50
Découverte insolite et contemplative de l’exposition de Trevor Yeung par le corps et par les sens. Il s’agit de défier la gravité, de recomposer une légende d’Asie et de faire un vœu.
Dates à confirmer
À l’automne 2026, le Cool Kids Club, grand week-end festif et créatif dédié aux enfants et aux familles, revient au Capc pour sa troisième édition avec un programme riche en découvertes, en jeux et en expérimentations artistiques.
Programme :
Ateliers en continu, boum, défilé, marelle géante, piscine à doudous, tatouages temporaires, jeux de construction, espace pour les tout-petits
Les dates du Cool Kids Club seront confirmées prochainement.
Cette édition du Cool Kids Club mettra à l’honneur le CUBE, forme simple et infiniment inspirante. Fil conducteur du week-end, il sera exploré de la 2D au volume, à travers la ligne, le trait, le carré, la boîte, mais aussi les notions de géométrie et d’abstraction, d’ordre et de structure, de perspective et de fragmentation.
Les œuvres de la collection du Capc occuperont une place centrale, avec un hommage à Takako Saito, artiste majeure du mouvement Fluxus, disparue en 2025.
Le mouvement Fluxus constituera une base de travail essentielle pour l’équipe de médiation, autour de trois axes forts : l’art et le jeu, l’art et la vie, et le dialogue entre espace artistique et espace social.
Tout au long du week-end, petits et grands pourront participer à de nombreuses activités : défilé avec la Chemise Club, marelle sur la terrasse, piscine à doudous, tatouages temporaires, constructions géantes, ainsi qu’un espace dédié aux tout-petits, pensé comme un lieu de premières explorations sensorielles et ludiques. Un rendez-vous joyeux et inventif pour jouer, créer et expérimenter le musée autrement, en famille.