Prochainement

Samedi 28 mars
15h00 - 16h00
Visite
Visite Trevor Yeung "Jardin des neuf soleils"
Samedi 28 mars
16h30 - 17h30
Visite ludique
Visite ludique Rammellzee pour les 4 - 6 ans
Jeudi 02 avril
18h00 - 19h00
Conférence
Rencontre avec Trevor Yeung
Jeudi 02 avril
19h00 - 21h00
Evénement
Vernissage de l’exposition Trevor Yeung, "Jardin des neuf soleils"
Samedi 04 avril
16h30 - 17h30
Visite ludique
Visite ludique Keith Haring pour les 20 mois - 3 ans
Mardi 07 avril
10h00 - 11h30
Atelier
Atelier avec l’artiste Maud Martin. Pour les 4-6 ans en famille
Mardi 07 avril
14h00 - 16h30
Workshop
Workshop Prépare ton Défilé avec La Chemise Club. Pour les 7 – 11 ans
Mercredi 08 avril
10h00 - 12h00
Atelier
Atelier Fantastique aquarium. Pour les 7 – 11 ans
Mercredi 08 avril
19h00 - 21h30
Projection
Capc × Cinémarges
Vendredi 10 avril
20h30 - 23h30
Evénement
Projection-concert hors-les-murs au Rocher de Palmer
Mardi 14 avril
Festival
L'Académie des Mutantes 2026
Mardi 14 avril
10h00 - 18h00
Workshop
Workshop de traduction collective "Black to the Future"
Mercredi 15 avril
10h00 - 12h00
Atelier
Atelier Fantastique aquarium, pour les 7 – 11 ans
Jeudi 16 avril
19h00 - 20h00
Conférence
Conférence "Rammellzee - Afrofuturisme - 1983 : équations, cosmovisions et le choc du futur"
Vendredi 17 avril
19h00 - 19h30
Performance
Performance d’Hippolyne NxNN
Vendredi 17 avril
19h00 - 21h30
Nocturne
Nocturnes gratuites
Vendredi 17 avril
19h30 - 20h00
Performance
Performance "Happiness (finally) after 5,300 Years of Cryodesiccation" de Levi van Gelder
Vendredi 17 avril
20h30 - 21h30
Visite
Nocturnes gratuites - Visite Rammellzee
Vendredi 17 avril
20h30 - 21h30
Visite
Visite Rammellzee
Samedi 18 avril
15h00 - 16h00
Visite
Visite Rammellzee
Samedi 18 avril
19h30 - 20h30
Performance
Performance "The Girl Who Resisted Falsification" de Levi van Gelder
Samedi 18 avril
20h00 - 21h00
Performance
Performance "INVISIBLETOWHOM Arc 2" de Pap Souleye Fall
Samedi 18 avril
21h00 - 23h59
Concert
Soirée musicale Feu Flamme x Nyege Nyege
Dimanche 19 avril
15h00 - 16h00
Visite
Ultime visite commissaire Rammellzee avec Cédric Fauq
Dimanche 19 avril
16h00 - 16h30
Performance
Nouveaux Mutantes - Performance "Conter le terme des habitantes" de Mirabelle Perot
Dimanche 19 avril
16h45 - 17h45
Performance
Nouveaux Mutantes - Performance "The Ghost We Must Be-live-in" de Gabriel Naghmouchi
Drapeaux Gris
12.12.06 - 13.03.07
Drapeaux Gris
12.12.06 - 13.03.07
Drapeaux Gris
12.12.06 - 13.03.07
Une structure en métal sur laquelle sont fixées les lettres (en capitale) du mot STRIKE. En arrière plan, des tableaux, affiches et photos sont accrochées sur un mur blanc en (en angle).
Vue de l'exposition "Drapeaux gris", Capc Musée d'art contemporain de Bordeaux, (12.12.2006 - 13.03.2007). Photo Frédéric Delpech

L'exposition de groupe Drapeaux gris propose une réflexion sur la nature de l'œuvre d'art. Prenant acte de ce que les pratiques d'opposition au système artistique institutionnel, mises en place par les avant-gardes jusqu'aux années 70 ne fonctionnaient plus, car inévitablement récupérées par le système, les artistes d'aujourd'hui proposent de remettre en cause les catégories édifiées par les institutions. Ces œuvres installées dans la grande nef du CAPC jouent avec les codes de lecture, les codes d'information, les effets de séduction et résistent aux interprétations pré-formatées.

Du
12.12.06
au
13.03.07

Commissaires : Anthony Huberman & Paul Pfeiffer

Quand tu cesses de parler et d’agir, et que tu fermes les yeux, qu’est-ce qui te vient à l’esprit ? Des voix ? Des images ? Des sentiments ? Tel un paysage vu d’avion, ces phénomènes vacillent sur une crête sublime distinguant le fascinant du quelconque. C’est vrai, on pourrait dire cela de toute chose observée d’une certaine distance : étoiles, mer, montagnes, horizon... Et qu’en est-il des phénomènes sociaux ? Pareil. Sur n’importe quel vieux vinyl, ce sont les fillers qui trahissent les labeurs inconséquents et sans objet, les paradigmes de production révolus, le secret des ornements.

 

Remonte un peu dans le temps, vers un âge où on avait la cinquantaine à 25 ans, où tout capital se mesurait en têtes de bétail. Terreur, discipline, souffrance, sacrifice de sang : voilà bien, on peut l’imaginer, la camisole dont la civilisation était destinée à se libérer, la monnaie du royaume. Pense aux mégalithes, aux dolmens, aux tumulus - toute cette sombre architecture de l’humanité primitive. Peut-être qu’il ne s’agit là en définitive pas d’architecture, à proprement parler, mais d’une incarnation de foi ; c’est-à-dire de magie. La magie est un procédé qui se sert toujours des technologies les plus avancées du moment. À l’Age de la Pierre, c’était le feu, la fourrure, l’os et le sang ; au Moyen Age, le creuset, l’alambic, le cercle de craie. Aujourd’hui, ce sont les images, une trame d’images qui s’épaissit sans cesse, jusqu’à former un cercle magique qu’ont franchi, irréversiblement, les citoyens de notre temps. Tu en as choisi, une époque, pour naître !

 

Le fait est qu’au fur de son histoire, l’Amérique est devenue plus religieuse, pas moins, malgré l’influence des sciences et de l’Etat. Pourquoi donc ? Peut-être parce que la science, qui a pourtant réponse à tout, demeure incapable de nous dire comment ça se fait qu’il y a quelque chose, là, plutôt que rien du tout. Quant au pouvoir politique, mis à part son devoir premier d’établir la loi, ce n’est –comme la démocratie elle-même, sans doute– qu’un coût à encourir, une inefficience, un obstacle au marché. Le travail et la production, ces spectres du vingtième siècle, n’ont plus rien qui vaille à nous offrir. La question devient alors : comment s’y prendre pour empreindre sa subjectivité dans les codes de la culture ? Mais en réalité la culture n’existe pas, il n’y a rien d’assez stable pour le portrait photo, pas de “recule un peu que je puisse te voir !” Voilà donc pourquoi l’homme a inventé la religion : une technique de photographie. On n’a plus à se souvenir que d’une seule chose, quitte à faire confiance au pouvoir suprême qui gérera le reste à notre place. Ne vas pas surtout pas t’imaginer qu’il s’agirait d’une nostalgie, d’une vogue, d’un retour de manivelle : ce qui se réalise là est tout aussi moderne que le capitalisme global et l’économie de l’information. Une Utopie qui se tient debout, fièrement, mais à part.

 

L’homme est-il si pervers qu’il s’obstinerait à manger des glands après la découverte du blé ? Comme la plupart des esprits progressistes, je préfère les questions aux solutions. Que ceux qui accusent l’Utopie de futilité, ou pire de responsabilité pour les horreurs du siècle dernier, comprennent bien que nous nous trouvons en pleine saison d’Utopie, où chaque instant qui s’égrène est fait icône. On a aujourd’hui le sentiment bien-pensant d’un outrage plus ou moins généralisé, une vague impression d’avoir essuyé un affront collectif horrible sinon criminel ; il est pourtant clair que c’est le vingtième siècle bohème dans son ensemble qui constitue l’outrage. La bohème prospère sous un capitalisme qui s’aligne avec la nature ; d’où la variante californienne bien connue d’après-guerre. Mais nous évoluons désormais dans une nouvelle nature, une nature faite d’images. Et il n’y a pas de critique possible de la nature : elle est toujours prise telle quelle.

 

Souviens-toi que la plupart de ton corps s’étale sur le dedans, dans une obscurité complète de la naissance à la mort, enfin disons si tu as un brin de chance. Ce serait une sorte de mort si, à l’avenir, on en venait à perdre cette idée de centre et de cœur ; si les réseaux se dilataient au point de dissoudre toute communauté et tradition. Le dernier jour de l’histoire serait alors étrangement réconfortant : enfin, une fin à tout ça. Un chuchotement tranquille en guise de révérence : “Au revoir, Docteur,” une pulsation, un battement régulier, une image en accéléré du corps déliquescent en voie de renaissance. Si l’enfant à naître pouvait être averti que bientôt on le forcerait à quitter son seul univers, sans doute y résisterait-il furieusement ; la naissance doit être une mort. Mais c’est bien évidemment l’inverse.

 

Texte de Seth Price
Traduction de l'anglais : Eric Anglès

 

Commissaires : Anthony Huberman & Paul Pfeiffer

 

Avec : John Armleder, Lutz Bacher, James Lee Byars, Helen Chadwick, Chen Xiaoyun, Cinema Zero, Tacita Dean, Claire Fontaine, Liam Gillick, Piero Golia, Michael Krebber, Jonathan Monk, Gabriel Orozco, Seth Price, The Atlas Group/Walid Raad, Allen Ruppersberg, Salon de Fleurus, Wilhelm Sasnal, Erik Satie, Karin Schneider, Shirana Shahbazi, Kelley Walker, Apichatpong Weerasethakul, Mario Ybarra Jr.

 

Exposition co-organisée avec The Sculpture Center NY
 
Partenaires de l'exposition : Librairie Mollat. Château d’Arsac à Margaux. Radio Sauvagine
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