CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

Histoire du CAPC

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Depuis 1973, quand est organisée pour la première fois à Bordeaux une exposition d’art contemporain, intitulée « Regarder ailleurs » à aujourd’hui, le CAPC a connu une évolution importante. Devenu dès 1983 le Musée d’art contemporain de Bordeaux, disposant à partir de 1990 des espaces réhabilités d'un ancien entrepôt de denrées coloniales (Entrepôt Lainé) sa mission reste de faire connaître l’art d’aujourd’hui et de familiariser son public avec les formes  changeantes de l’actualité artistique. C’est l’histoire de ce musée qui est résumée ici.

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1973-1984

Le CAPC (centre d’arts plastiques contemporains), créé en 1973 par Jean-Louis Froment, s’installe dès 1974 dans l’Entrepôt Lainé, un ancien entrepôt de denrées coloniales, qui sera réaménagé au cours des années suivantes.

Une cellule éducative mobile, l'Artbus voit le jour dès 1975. Parmi les premières expositions on peut citer Regarder Ailleurs (1973) où Claude Viallat côtoie Gina Pane,  Andy Warhol, Jim Dine, et Pour mémoires (1974) avec Christian Boltanski.

1984-1990

En 1984, ce jeune centre d’art, vite remarqué sur la scène internationale,  devient le musée d’art contemporain de la Ville de Bordeaux. Hormis le Centre Georges-Pompidou, peu de lieux en France sont alors dédiés exclusivement à l’art contemporain. Le premier fonds de la collection se constitue à partir de dépôts, de dons et de l’acquisition d’œuvres présentées dans les expositions. Plusieurs phases de travaux, conduits par les architectes Denis Valode, Jean Pistre et l’architecte d’intérieur Andrée Putman se succèdent jusqu’au dernier aménagement, en 1990.

Jusqu’au début des années 1990, le CAPC réalise des expositions thématiques qui présentent  à Bordeaux les grands mouvements de l’art contemporain et des expositions monographiques des artistes liés à ces avant-gardes : l’Antiform, l’Arte povera, l’Art conceptuel, l’Art minimal, le Land Art.

Face à ces courants théoriques, la nouvelle génération de peintres n’est pas absente de la programmation : Anselm Kiefer, Jean-Charles Blais avec “tout son atelier”, Combas, Boisrond, Di Rosa qui lui succèdent, Enzo Cucchi, Miquel Barceló, José María Sicilia et Keith Haring qui couvre de graffitis tout le CAPC.

1990-1995

En 1990, le CAPC réouvre après travaux. Les écrasantes “Threats of Hell” de Richard Serra sont installées dans la nef. De la collection sont présentées les ensembles les plus importants : Christian Boltanski, Daniel Buren, Gilbert & George, Jannis Kounellis, Sol LeWitt, Richard Long, Mario Merz. Un an plus tard, Daniel Buren magnifie l’architecture de l’Entrepôt dans une spectaculaire installation de miroirs : Arguments topiques. A nouveau dans la nef, Harald Szeemann met en perspective huit artistes dans GAS, Grandiose Ambitieux Silencieux (1993).

 Les années 1990-2000 voient naître une nouvelle génération d’artistes et une nouvelle génération de commissaires d’expositions, de critiques dont le rapport aux images, à leur circulation, aux médias, s’est profondément transformé. Mike Kelley est invité au CAPC pour sa première rétrospective en France (1992).

1996-2000

L’esthétique relationnelle devient l’expression majeure de la décennie. On en perçoit les enjeux dans les dispositifs de l’exposition collective Traffic proposée par Nicolas Bourriaud en 1996. C’est l’année où Jean-Louis Froment quitte la direction du CAPC. Lui succède Henry-Claude Cousseau nommé en même temps à la direction des musées de Bordeaux. Il est secondé à la tête du CAPC par Marie-Laure Bernadac. En 1998, Cities on the Move,  proposée par Hou Hanru et Hans-Ulrich Obrist, co-réalisée avec le centre d’architecture arc-en-rêve, révèle l’émergence des artistes d’Asie sur la scène mondiale.

2001-2005

Au cours de la première moitié des années 2000, outre les expositions monographiques de Louise Bourgeois, Sarkis, Anish Kapoor, Cindy Sherman, le CAPC invite à réfléchir autour de thèmes de société. En 2001, pour l'exposition Présumés Innocents, l’art contemporain et l’enfance, plusieurs générations d’artistes proposent leur point de vue sur le thème universel de l’enfance.

Henry-Claude Cousseau quitte la direction du musée peu après. C’est Maurice Fréchuret qui lui succède. En 2002, il revisite les racines de l’art contemporain et les origines du CAPC avec l’exposition Les années 70, l’art en cause. En 2004, la nourriture, réflexe biologique ou acte culturel, est l’interrogation commune dans les œuvres de la quarantaine d’artistes de Hors d’œuvre : ordre et désordres de la nourriture.  

2006-2013

Charlotte Laubard prend la direction du CAPC en 2006. Son projet est de repositionner le CAPC dans une nouvelle donne internationale et dans un contexte culturel étendu, élargi à la musique, l’architecture, le cinéma, la littérature mais aussi les mass médias et à la culture populaire.

If Everybody had an Ocean : Brian Wilson, une exposition (2007), initie une série d’expositions inspirées par l'univers musical des années Pop. Less is Less, More is More, that’s all s’interroge sur l’objet aculturé, répondant à la première exposition rétrospective de Présence Panchounette (2008).IAO, Explorations psychédéliques en France, 1968 - ∞ (2009), doublée d’un festival musical,  revisite les années de la contestation. Insiders, pratiques, usages, savoir-faire, nouvelle collaboration du CAPC avec arc en rêve  centre d’architecture, investit la notion de folklore contemporain. Left Behind (2010) présente quinze peintures monumentales réalisées par l’artiste Jim Shaw ces dix dernières années. Dystopia (2011), est née à partir d’un scénario proposé par l’écrivain de science-fiction et théoricien américain Mark von Schlegell. Sociétés secrètes. Savoir, oser, vouloir, garder le silence / To Know, To Dare, To Will, To Keep Silence (2011-2012) aborde la question des sociétés secrètes. En 2012, est organisée la première rétrospective en France consacrée à Michel Majerus. A cette occasion, le musée accueille une sélection conséquente d’installations et de peintures dans sa nef, dont la gigantesque rampe de skateboard If you are dead… so it is. En 2013, le théâtre mécanique de  Markus Schinwald investit la nef du musée. Enfin, SIGMA (2013-2014), co-produite avec les Archives de la ville de Bordeaux, est la première exposition de grande ampleur sur un festival transdisciplinaire.

 2014

María Inés Rodríguez succède à Charlotte Laubard en 2014. Son projet est de faire du CAPC un lieu de référence sur le plan des institutions internationales. Pour cela, la nouvelle directrice souhaite créer un centre d’étude axé sur les archives du musée, développer un programme spécifique pour la jeune génération d’artistes et de commissaires, renforcer la collection par le biais de nouvelles acquisitions, la faire circuler davantage, continuer à l’étudier, faire paraître de nouvelles publications. Elle ambitionne également d’élaborer des expositions qui tiennent compte de la performance et de la danse, et des liens étroits entre art et architecture.

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