CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

Evènement

08.12.2022 -> 09.12.2022

Collections : récits, fictions, spéculations

Symposium

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Le symposium Collections : récits, fictions, spéculations a été imaginé par le Capc en partenariat avec le Centre national des arts plastiques (Cnap), dans la suite de la longue complicité qui lie les deux institutions. L’événement clôture le premier récit de collection du Capc Le Tour du Jour en quatre-vingts-mondes, imaginé par Sandra Patron sa directrice, qui s’appuyait sur un important dépôt du Centre national des arts plastiques (Cnap).

Avec : Eva Barois De Caevel, Lucy Bayley, Christian Bernard, Manuel Borja-Villel, Clémentine Deliss, Keren Detton, Nile Koetting, Pierre Leguillon, Maria Lind, Sasha Pevak, Émilie Pitoiset, Zoë Renaudie, Xavier Rey, Camille Richert, Fabrizio Terranova, Yolande Zola Zoli van der Heide.

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Une coproduction Capc /   Centre national des arts plastiques

 

Symposium Collections : récits, fictions, spéculations

• Jeudi 8 décembre, 8h30 - 18h
COMPLET, le matin.
Encore quelques places l'après-midi. Vous pouvez vous inscrire sur liste d'attente auprès de Romaric Favre : r.favre[at]mairie-bordeaux.fr 

• Vendredi 9 décembre, 9h - 17h
Pour vous inscrire, veuillez utiliser le formulaire d'inscription en ligne

 

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Partant du principe que tout musée hérite d’un ensemble de normes et de partis pris historiques, scientifiques et visuels qui ne sont pas neutres et qui façonnent notre imaginaire collectif ; et partant du constat que les collections de nos musées occidentaux, eurocentrés, masculins et conçus selon une logique moderniste excluante, sont par essence problématiques, l’exposition Le Tour du jour en quatre-mondes postulait que d’autres récits de l’art, plus ouverts et spéculatifs, étaient non seulement possibles, mais surtout nécessaires. En effet, les collections publiques doivent acter le passage à un monde polyphonique et remettre en lumière un ensemble d’artistes qui, pour diverses raisons, de genre ou d’origine géographique, ont été minorés ou ignorés par l’histoire de l’art.

Ce rendez-vous exceptionnel rassemblera sur deux journées des chercheurs, chercheuses, artistes, directeurs et directrices d’institutions, personnalités françaises et internationales du monde de l’art. Il s’agira d’interroger à travers différents formats d’interventions (conférences, workshops, études de cas, conversations et performances) les nouvelles formes de narration qui permettent aujourd’hui de réévaluer l’approche et l’histoire du patrimoine et plus particulièrement des collections des institutions publiques.

Le symposium Collections : récits, fictions, spéculations entend rendre palpable l’élan qui nous anime pour lutter contre nos impensés collectifs, et soumet l’hypothèse de penser la collection comme un « geste spéculatif ».

 

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Information
T. 05 56 00 81 50

 

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PROGRAMME

Jeudi 8 décembre

• 8h30 – Accueil

• 9h00 – Mots d'ouverture
par Sandra Patron & Béatrice Salmon

• 9h30 – Conférence d'ouverture
par Fabrizio Terranova, Donna Haraway et la narration spéculative

• 11h00 – Étude de cas #1
Yolande Zola Zoli van der Heide, La désobéissance dans le musée. La boue, la mère et la mort travaillent dans A Lasting Truth Is Change 

• 11h30 – Étude de cas #2
Pierre Leguillon, Le musée des erreurs

• 14h00 – Ateliers
- Eva Barois De Caevel, Communautés imaginées
- Sasha Pevak, Cartes, lacunes et soulèvements. Autour d’une œuvre à la marge de la collection
- Émilie Pitoiset, On stage
- Zoë Renaudie, Le monde de Feux pâles

Avant-première
Cédric Fauq, Amour Systémique + visite des expositions

• 15h30 – Étude de cas #3
Lucy Bayley, Reshaping the Collectible: When Artworks Live in the Museum à la Tate Modern de Londres

• 16h30 – Conversation
Manuel Borja-Villel et Sandra Patron (visio)

• 18h00 – Session d'écoute
Nile Koetting, Remain Calm - petit +

 

Vendredi 9 décembre

• 9h00 – Accueil

• 9h30 – Conférence d'ouverture
par Clémentine Deliss, The Metabolic Museum

• 11h00 – Conversation
Christian Bernard & Cédric Fauq

• 13h30 – Ateliers
- Eva Barois De Caevel, Communautés imaginées
- Sasha Pevak, Cartes, lacunes et soulèvements. Autour d’une œuvre à la marge de la collection
- Émilie Pitoiset, On stage
- Zoë Renaudie, Le monde de Feux pâles

Avant-première
Camille Richert & Keren Detton Chaleur Humaine, Triennale Art & Industrie, Dunkerque / Hauts-de-France + visite des expositions

• 15h30 – Étude de cas #4
Xavier Rey, La présentation de la collection pendant et après les travaux du Centre Pompidou

• 16h00 – Étude de cas #5
Maria Lind, L’expérience du musée Tensta au Tensta Konsthall (visio)

• 16h30 – Mots de clôture
par Sandra Patron & Béatrice Salmon

 

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INTERVENANTS

Eva Barois De Caevel, curatrice
Atelier participatif : Communautés imaginées

Eva Barois De Caevel vit et travaille à Pantin, France. Elle est curatrice indépendante. Ses champs de recherche sont le féminisme, les études postcoloniales, le corps et les sexualités, la critique de l’histoire de l’art occidentalo-centrée ainsi que le renouvellement de l’écriture et de la parole critique. Elle a travaillé pour le centre d’art RAW Material Company à Dakar de 2013 à 2019 et enseigne aujourd’hui à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier. Lauréate de la bourse de recherche curatoriale du Cnap en 2020, elle mènera un atelier qui s’appuiera sur les recherches qu’elle a menées autour des communautés imaginéesfaisant état des rapports qui existent entre le concept de nation et la constitution des collections nationales.

 

Lucy Bayley, historienne de l’art contemporain et curatrice
Étude de cas : Projet de recherche : Reshaping the Collectible: When Artworks Live in the Museum à la Tate Modern de Londres

Lucy Bayley a été récemment postdoctorante à la Tate Modern (Londres). Son doctorat explorait les formes de médiation à partir des archives de L’ICA de Londres de 1949 à 1986. Elle a également travaillé à la Drawing Room, à la Serpentine Galleries, à Matt’s Gallery et enseigne au Sotheby’s Institute of Art. Le projet de recherche de la Tate Modern que Lucy Bayley explorera lors du séminaire s’interroge sur des pratiques contemporaines qui, lors d’acquisitions par le musée, modifient en profondeur les modalités et pratiques de l’institution, tant en ce qui concerne l’archivage, la conservation, la restauration que la présentation de l’œuvre aux publics.

 

Christian Bernard, directeur fondateur du Mamco, Genève
Conversation avec Cédric Fauq

Né en 1950 à Strasbourg, Christian Bernard a dirigé la Villa Arson à Nice de 1986 à 1994 puis a conçu et dirigé le Mamco (Musée d’art moderne et contemporain de Genève) de 1994 à 2015. Il a également conduit des opérations de commande publique notamment à l’occasion du retour du tramway à Strasbourg et à Paris. Outre son activité critique, il développe une activité poétique (Petite Forme, éditions Sitaudis, 2012 ; Fabules, éditions Walden n, 2022). En dialogue avec Cédric Fauq, il évoquera l’histoire du Mamco, en théorie et en pratique.

 

Manuel Borja-Villel, directeur du Reina Sofía, Madrid
Conversation avec Sandra Patron (Visio)

Manuel Borja-Villel (né en 1957) est historien de l’art et commissaire d’exposition internationalement reconnu. Fondateur et directeur de la Fondation Tapiès de 1990 à 1998, directeur du Macba à Barcelone de 1998 à 2008, il dirige actuellement le Reina Sofía à Madrid. En visio-conversation avec Sandra Patron, il évoquera son approche transversale de la collection du musée qu’il conçoit comme une « cosmologie ». S’inspirant des savoirs situés, il présentera les orientations qu’il a souhaité lui donner et examinera les nouveaux enjeux auxquels une institution internationale est confrontée dans un contexte de crises plurielles.

 

Clémentine Deliss, curatrice, KW Institute for Contemporary Art, Berlin
Conférence : The Metabolic Museum

Clémentine Deliss est professeure d’histoire de l’art à l’université de Cambridge, professeure invitée à la Städelschule de Francfort et curatrice associée au KW Institute for Contemporary Art de Berlin, où elle dirige le Metabolic Museum-University. Sa pratique traverse les frontières de l’art contemporain, de l’anthropologie critique, de l’expérimentation curatoriale et de l’édition. Entre 2010 et 2015, elle a dirigé le Weltkulturen Museum de Francfort, constituant un nouveau laboratoire pour la recherche post-ethnographique et la remédiation de collections controversées.

 

Cédric Fauq, commissaire en chef du Capc, Bordeaux
Avant-première : Amour systémique

À la suite du Tour du Jour en quatre-vingts mondes, premier récit de collection conçu par la directrice du Capc Sandra Patron, l’exposition Amour systémique imaginée par Cédric Fauq – commissaire en chef au Capc – questionne l’héritage minimaliste et notre amour des systèmes par une exploration du motif de la grille. L’exposition propose de s’intéresser aux idéologies et aux fictions que véhicule cette forme par le biais d’une sélection d’œuvres de la collection du musée. À cette occasion, l’artiste berlino-vietnamienne Sung Tieu concevra une architecture contraignante servant à la fois d’enclos et de système d’accrochage pour traduire notre rapport ambigu d’amour et haine face aux systèmes, infrastructures et institutions.

 

Nile Koetting, artiste
Session d’écoute : Remain Calm - petit +

L’artiste pluridisciplinaire Nile Koetting travaille sur un large éventail de formats, dont l’installation, la lumière, la performance, la scénographie, le son et la composition. Ses projets artistiques explorent une nouvelle perception de la dramaturgie dans une atmosphère biodiversifiée de temps et d’espace performatifs. Le travail de Koetting a été présenté dans les expositions individuelles Remain Calm, Centre Pompidou & Westbund Museum, Shanghai, et Kunstverein Goettingen, Allemagne (toutes deux en 2019) ; Upcoming Events, Art Basel Paris +, Grand Palais Éphémère (2022) et Hard in Organics, Yamamoto Gendai, Tokyo (2015), entre autres. Son travail a également été présenté dans l’exposition collective Anticorps, au Palais de Tokyo (2020). Dans le cadre du symposium, Nile Koetting proposera une séance d’écoute dans les réserves du musée.

 

Pierre Leguillon, artiste
Étude de cas : Le musée des erreurs

Pierre Leguillon (né en 1969) est un artiste, curateur et auteur qui s’est fait connaitre par son usage performatif du diaporama à travers des dispositifs à la fois poétiques et drôles. Il mène depuis plusieurs années un projet polymorphe intitulé Le musée des erreurs. Ce musée constitué de divers ensembles (photographies, extraits de films, publicités, cartes postales, affiches, diapositives, pochettes de disques, magazines et autres médias de masse) interroge la généalogie des images et propose de nouveaux modèles d’exposition en déjouant les hiérarchies habituelles de l’art. Le musée des erreurs nous invite alors à nous servir des archives pour réécrire l’histoire, en décloisonnant les identités, qu’il s’agisse de celles de l’artiste, du visiteur, ou de l’institution elle-même.

 

Maria Lind
Étude de cas : L’expérience « Tensta Museum » à la Tensta Konsthall

Maria Lind est une curatrice, écrivaine et éducatrice vivant à Stockholm. Elle travaille actuellement en tant que conseillère à l’ambassade de Suède à Moscou. Elle a été directrice du Tensta Konsthall, dans la banlieue de Stockholm, de 2011 à 2018, directrice artistique de la 11e Biennale de Gwangju, directrice du programme d’études supérieures au Center for Curatorial Studies du Bard College (2008-2010) et directrice de l’IASPIS à Stockholm de 2005 à 2007. Au cours de son intervention (en visio), elle parlera du projet expérimental du Tensta Konsthall : Tensta Museum :
Reports from New Sweden, qui a remis en question de manière ludique la fonction du musée et de sa collection, en étant à la fois centré sur l’art tout en embrassant le modernisme tardif stigmatisé du quartier de Tensta.

 

Sandra Patron
Visio-conversation avec Manuel Borja-Villel

Sandra Patron dirige le Capc Musée d’art contemporain de Bordeaux depuis septembre 2019. Elle a orchestré en 2020 le premier récit de collection Le Tour du jour en quatre-vingts mondes et assuré en 2022 le commissariat de la première monographie d’Eva Koťátková en France et de l’exposition Hypernuit, un dialogue des collections du Capc et du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA. Elle prépare actuellement l’exposition personnelle de Kapwani Kiwanga dans le cadre des 50 ans du Capc. De 2014 à 2019, elle a dirigé le Mrac Occitanie et le Parc Saint Léger de 2007 à 2014. De 1998 à 2007, elle prend la direction du Triangle France à Marseille, structure innovante de résidences intégrée au Triangle Art Trust. De 2013 à 2016, elle est membre de la commission d’acquisition du Cnap, en 2018, elle est membre du comité de sélection du Pavillon Français de la Biennale de Venise 2019 et de 2019 à 2022 elle est membre du Comité d’acquisition du Frac Bretagne et du comité artistique de la Manufacture de Sèvres.

 

Sasha Pevak
Atelier participatif : Cartes, lacunes et soulèvements. Autour d’une œuvre à la marge de la collection

Travailleur·se de l’art interdépendent·e, Sasha Pevak se déplace constamment entre l’Europe de l’Ouest et les pays dudit « espace postsoviétique ». Sa pratique est ancrée dans la recherche et le déplacement, ses origines russo-ukrainiennes-grecques, une certaine mémoire culturelle du passé socialiste et l’histoire de sa famille. Elle se nourrit d’études postcoloniales et queer, ainsi que de son expérience en tant qu’Europée·ne de l’Est en Occident. C’est également une pratique de remémoration quotidienne, de remémorisation et de décolonisation. Lauréat·e de la bourse de recherche curatoriale au Cnap, Sasha Pevak invite les participant·e·s de l’atelier à s’interroger sur le rôle de déplacement, de choix individuels et de hasard dans la constitution de collections. En retraçant la vie d’une œuvre à la marge de la collection du Capc, le groupe sera invité à la réalisation de cartes mentales qui permettront d’esquisser le territoire de l’œuvre et les territoires des savoirs du groupe – tout comme visualiser leurs limites –, ainsi que d’imaginer les façons d’aller au-delà de trajectoires préétablies.

 

Émilie Pitoiset
Atelier participatif : On stage

Émilie Pitoiset (née en 1980) est artiste et chorégraphe. De la sculpture à l’installation en passant par la vidéo et la performance, son travail traite de la résistance des corps à travers la danse, le clubbing, le sport, la sexualité, l’argent. Son intervention portera sur les liens entre performance et collections notamment sur les systèmes de notation, de protocoles et de partitions. Cet atelier est en lien avec un projet de recherche intitulé Stage Studies, que l’artiste a développé en partenariat avec le Cnap depuis 2016 qui interroge le potentiel subversif du mouvement non virtuose à travers l’étude de pratiques et phénomènes sociaux mettant en jeu le corps individuel et collectif.

 

Zoë Renaudie
Atelier participatif : Le monde de Feux pâles

Zoë Renaudie est actuellement chargée de la conservation des œuvres complexes à Luma Arles et enseignante invitée à l’École Supérieure d’Art d’Avignon. Elle a notamment travaillé au Centre Pompidou en tant qu’assistante de conservation et fut responsable de la conservation à la Collection Lambert à Avignon. Lors de ses études en conservation-restauration, elle s’est spécialisée sur les installations et la conservation du concept dans l’œuvre d’art. Dans cette dynamique de confronter la conservation aux nouvelles modalités de l’art, elle proposa une exposition comme sujet d’étude pour son mémoire de recherche de Master II : Feux pâles de l’agence les ready-made appartiennent à tout le monde® présentée en 1990 au Capc. Elle a dû identifier et comprendre l’exposition afin de développer des modes de conservation pouvant être adaptés à la fois à son caractère événementiel, mais aussi à ses qualités d’installation ou d’œuvre composite. Cet atelier propose de présenter les résultats de cette enquête et de continuer d’explorer le monde de Feux pâles.

 

Xavier Rey
Étude de cas : La présentation de la collection pendant et après les travaux du Centre Pompidou

Ancien élève de l’École normale supérieure (ENS-Ulm), Xavier Rey (né en 1982) est commissaire d’exposition et conservateur issu de l’Institut national du patrimoine. Il a été directeur des collections du Musée d’Orsay, puis directeur des Musées de Marseille de 2017 à 2021. Il a récemment pris la direction du Musée national d’art moderne-Centre de création industrielle. Xavier Rey abordera les questions et problématiques qui président au travail autour des collections du Centre Pompidou pendant et après les travaux qui débuteront fin 2024.

 

Camille Richert et Keren Detton
Avant-première : Chaleur Humaine, Triennale Art & Industrie, Dunkerque / Hauts-de-France

Camille Richert et Keren Detton discuteront de la prochaine Triennale Art & Industrie, Dunkerque / Hauts-de-France, intitulée Chaleur Humaine et co-curatée par Camille Richert et Anna Colin. Cette manifestation, qui ouvrira en juin 2023, aura pour thème l’énergie. Elle se déploiera à l’échelle de la ville en créant un dialogue entre des œuvres de collections régionales (Frac Grand Large et LAAC), nationales (CNAP et MNAM) et de nouvelles productions. Lors de cette conversation, elles aborderont les enjeux de la Triennale et comment cette typologie d’évènements peut permettre de questionner et de mettre en circulation les collections d’un territoire. Camille Richert est historienne de l’art, enseignante et commissaire d’exposition indépendante. Keren Detton est historienne de l’art et dirige le Frac Grand Large depuis 2016.

Fabrizio Terranova
Conférence : Donna Haraway et la narration spéculative

Fabrizio Terranova (né en 1971) vit et travaille à Bruxelles. Il est cinéaste, activiste, dramaturge, et professeur à l’ERG où il a initié et codirige le Master Récits et expérimentation - Narration spéculative (MA). Il est l’auteur de plusieurs documentaires dont Donna Haraway: Story Telling for Earthly Survival réalisé en 2016. Partant de sa connaissance de Donna Haraway et de son travail de recherche mené à l’ERG, Fabrizio Terranova proposera sa vision du récit spéculatif, vécu non comme une fuite vers l’imaginaire, mais plutôt comme un corps à corps avec le réel qui produit des transformations. Il évoquera également les potentialités de la spéculation narrative et de la fiction dans les pratiques d’enseignement et dans le fonctionnement d’une institution artistique.

 

Yolande Zola Zoli van der Heide
Étude de cas :  La désobéissance dans le musée. La boue, la mère et la mort travaillent dans A Lasting Truth Is Change

Yolande Zola Zoli van der Heide est curatrice au Van Abbemuseum depuis 2020, curatrice de A Lasting Truth Is Change (2022) et coéditrice de la publication éponyme avec Taylor Le Melle. Elle s’intéresse aux manières joyeuses et équitables du vivre-ensemble ainsi qu’aux modes d’intersection qui décentrent les formes d’oppression par des pratiques de libération et d’émancipation, pour influencer les pratiques institutionnelles de l’art.
A Lasting Truth Is Change (2 avril - 24 juillet 2022) pose la question de savoir comment les institutions patrimoniales - celles qui préservent et exposent des contenus à valeur « historique » - peuvent entrer dans une relation harmonieuse avec le changement et modéliser des modes de vie justes et joyeux qui reflètent des sociétés futures équitables.  
L’exposition commençait par un dialogue avec la série inachevée des Paraboles (1993-98) de l’écrivaine de science-fiction Octavia E. Butler, et plus particulièrement ses mots : « Tout ce que tu touches, tu le changes. Tout ce que tu changes, te change. La seule vérité durable est le changement. Dieu est le Changement. » Les protagonistes des paraboles de Butler font preuve de force dans leur ouverture et leur adaptabilité à l’inévitable continuum du changement. Les artistes sont ces protagonistes - autant que, nous l’espérons, le musée peut l’être avec leurs conseils. L’exposition est une expérience de refonte de l’histoire et de notre relation au canon de l’art moderne.

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