Exposition // Collection //

06.02.2010 -> 21.11.2010

CAPC ou la vie saisie par l'art
Un choix dans les collections du CAPC, du Frac Aquitaine+guests

Inspirée par l’un des chefs-d’œuvre du CAPC, Inventaire des objets ayant appartenu à la jeune fille de Bordeaux, 1973-1990, de Christian Boltanski, cette exposition propose, à travers un regard sur la collection, une réflexion sur l’idée de musée. Conçue par Aurélie Voltz, elle se déploie selon deux axes, empruntant d’une part sa forme à un autre musée, celui des Arts et Traditions Populaires (ATP), et d’autre part procédant à l’introduction ­— dans cette nouvelle enveloppe — d’œuvres du Frac Aquitaine et d’autres artistes d’une plus jeune génération, pour entrer en dialogue avec des pièces spécifiques du CAPC.

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De l’œuvre de Christian Boltanski au Musée des ATP, il n’y a qu’un pas. Rassemblant dans des vitrines plus de deux cents éléments rangés et étiquetés possédés par une inconnue résidant à Bordeaux, l’Inventaire rappelle les modes de présentation propres aux musées ethnographiques, soucieux d’objectivité scientifique et d’une mémoire collective à partager. En hommage au Musée National des Arts et Traditions Populaires, aujourd’hui disparu, Capc, ou la vie saisie par l’art [1] tente de faire revivre un musée à travers l’autre. 

L’exposition, mettant de côté pour un temps l’histoire de l’art, reconsidère la collection selon différentes géographies, activités de l’homme ou faits sociaux. Les dix-sept salles des galeries Foy et Ferrère se déroulent comme on lit un livre, par chapitres, au fil des œuvres et des artistes[2], laissant l’imagination faire son chemin. Leurs intitulés, empruntés au départ à Georges-Henri Rivière, fondateur des ATP en 1937, font l’objet d’une réappropriation. 

De la salle des rivières à la salle des champs, de la salle des âges de la vie à la salle de l’imagerie religieuse, le spectateur est face à un corpus d’œuvres ne répondant plus forcément à une histoire commune, connue ou à un concept précis mais procédant d’associations libres, formelles, matérielles, thématiques, souvent poétiques.

Du côté des rivières se côtoient par exemple l’oiseau de Chohreh Feyzdjou, les têtards de Miquel Barceló, les sculptures en roseaux de Michel Aubry mais aussi les œuvres abstraites aux accents fluides de Myriam Holme. Plus loin, dans la salle des portraits, dialoguent le buste de lapin de Richard Fauguet et la tête en pain de Costa Vece.

La vue en perspective des galeries et une scénographie réduite à l’extrême ont pour objectif de renouer avec l’architecture mais aussi de mettre en valeur les œuvres dans le contexte original du bâtiment : un lieu de travail, de vie, où l’homme a son histoire.

Si l’un des objectifs de Georges-Henri Rivière était un musée sans guide montrant l’unité de l’homme dans la pluralité des cultures, les œuvres de la collection du CAPC, du Frac Aquitaine et des artistes invités, rassemblées ici sous de nouveaux horizons, apparaissent sous un autre jour. Aussi différentes soient-elles, aussi étranges en soient les rapprochements, elles partagent un univers où rien ne sépare plus les êtres et les choses.

 


[1] Le titre de l’exposition a été emprunté à Paul Ardenne in « Capc ou le musée aventureux », capcMusée, Editions du Regard, 1993

[2] En tout, une centaine d’œuvres dont une soixantaine du CAPC sont exposées. Sur 66 artistes, 37 sont issus de la collection du CAPC, 11 du Frac Aquitaine et 18 sont invités.

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-> Galerie Foy, galerie Ferrère, second étage
-> Entrée libre
-> Voie d'accès pour personnes handicapées
-> Partenaire(s): Château Haut-Selve

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