CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

Nicolas Garait-Leavenworth

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Cette première édition de l’opération Ticket Mécène a permis au musée d’acquérir l’œuvre de l’artiste français 
Nicolas Garait-Leavenworth, Understanding Through peace.

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Nicolas Garait-Leavenworth
Understanding Through peace
2011

 

L'oeuvre 

Entre 1964 et 1965, la World’s Fair  de New York attire près de 52 millions de spectateurs. Inaugurée dans le Queens quelques mois seulement après l’assassinat à Dallas de John F. Kennedy, elle offre à une foule massive de visiteurs l’expérience réconfortante mais mensongère d’un monde d’innovation, de confort et de progrès. Le projet au long cours Understanding through Peace de Nicolas Garait-Leavenworth emprunte son titre à la devise de cette fameuse exposition. L’artiste a constitué au fil du temps une vaste collection d’images liées plus ou moins directement à cette exposition universelle historique. En constante expansion, sa collection est régulièrement activée sous forme d’accrochages, de vidéos, de textes ou de performances. Ces dernières années, l’exploration en images de cet événement a pris de l’ampleur et s’est transformée en véritable enquête visuelle sur une époque donnée. La collection se constitue ainsi de documents minutieusement recueillis, mais également de fictions et de mythologies. C’est cette nature paradoxale qui intéresse l’artiste en premier lieu : il envisage la foire de 1964 comme une allégorie des espérances déçues et du gouffre entre les promesses officielles et la réalité, une allégorie qui semble valoir encore pour notre époque.

Mais par-delà le thème qui structure l’ensemble, c’est son hétérogénéité qui saute aux yeux, parce qu’elle donne à voir la vie matérielle des images. Cette collection est constituée d’images découpées dans des publications d’époque, certaines en couleurs, d’autres en noir et blanc, des captures d’écran et des photographies numériques imprimées sur du papier photo, des photocopies, des cartes postales, des cartes et des goodies en offset. Certaines sont des objets, d’autres sont bidimensionnelles. Certaines sont des photographies argentiques, d’autres des clichés numériques. Certaines ont été capturées par l’artiste (les photographies prises en 2009 de ce qui reste dans le Queens du site en ruine, devenu le décor récurrent de séries policières et de clips d’amateurs), d’autres ont été trouvées sur le web, certaines sont des captures de séquences vidéos, d’autres des images fixes, parfois scannées. Certaines ont été retouchées, d’autres laissées dans l’état où elles ont été trouvées. Comment les images sont-elles fabriquées ? Éditées ? Diffusées ? Qu’est-ce qui définit leur matérialité ? À quelle image peut-on faire confiance ? Il n’est pas anodin que ces questions soient posées à partir d’un événement qui a été l’objet de reproductions massives.

La New York World’s Fair intéresse l’artiste pour sa capacité à générer des images et du texte, et à être, en somme, l’objet d’appropriations de toutes sortes. Cette œuvre doit donc être envisagée comme un essai de politique culturelle, une tentative – enthousiaste et acharnée – d’appropriation personnelle d’un événement historique et de matériaux culturels accessibles à tous.

Jill Gasparina

 

L'opération Ticket mécène est réalisée en partenariat avec Les Amis du CAPC, la galerie Cortex Athletico et le Château Haut Selve.
Chaque euro versé les visiteurs-donateurs est abondé d’un euro complémentaire par les Amis du CAPC, ce qui multiplie l’impact du don par deux.

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