CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

L'Entrepôt Lainé

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Bordeaux s’enrichit au 18e siècle dans le commerce maritime : « Bordeaux sucre l’Europe ». Au début du 19e siècle, la perte de Saint-Domingue puis le blocus anglais mettent à mal cette prospérité et imposent une organisation plus rationnelle du négoce. Parmi les mesures prises par la Chambre de Commerce figure la construction d’un entrepôt pour les denrées coloniales.

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Un magasin pour le commerce colonial

L'Entrepôt réel des denrées coloniales (Entrepôt Lainé) permet à partir de 1824 d'accueillir et de stocker sous douane les marchandises (le sucre, le café, le cacao, le coton, les épices, les plantes tinctoriales, les oléagineux) produites par les planteurs aux colonies et réexportés vers l’Europe du Nord par les négociants bordelais. Sa construction a été achevée en deux ans de travaux.

Son architecte est l’ingénieur Claude Deschamps (1765-1843) inspecteur divisionnaire des Ponts et Chaussées en fonction à Bordeaux à partir de 1810. Pour cette ville, Deschamps assisté de l’ingénieur Jean-Baptiste Billaudel, a assuré la construction du Pont de pierre, livré en 1820. Au cours du XXe siècle, l’Entrepôt sera peu à peu supplanté par les nouvelles installations portuaires en bord de Garonne. 

La sauvegarde d’un patrimoine

Menacé de démolition, l’édifice fait l’objet d’une campagne de sensibilisation menée en particulier par deux bordelaises, Anne Claverie et Nicole Schÿler. Elles reçoivent l’appui du Maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas. En 1973, l’Entrepôt sera inscrit à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques et acheté par la Ville.

Dans les années 70, la ville de Bordeaux met l’Entrepôt au cœur de ses projets culturels et le destine à l’accueil d’ événements artistiques. Chaque mois de novembre, il accueille alors le Festival Sigma, à l’époque le grand rendez-vous international de la création experimentale. Créé en 1965 par Roger Lafosse, ce festival se fera l’écho, pendant 30 ans, des évolutions de la culture et du spectacle vivant. Le CAPC s’ installe dans une partie du bâtiment en 1974.

La réhabilitation et le création d’un équipement culturel contemporain

La première campagne de travaux menée par les architectes Denis Valode et Jean Pistre répond à un programme de sauvegarde de l’Entrepôt pour mettre en oeuvre sa vocation culturelle. Elle le dote de scènes mobiles, de galeries d’exposition, d’ateliers pour enfants. En 1984, au moment où le CAPC devient le Musée d’art contemporain de Bordeaux, débute une deuxième campagne, menée par la même équipe en deux phases. Les travaux concernent principalement le CAPC et son équipement muséal, galeries, ateliers, réserves d’œuvres. Elle permettent aussi d’ouvrir une bibliothèque et un restaurant dont les aménagements intérieurs sont confiés à la designer Andrée Putman. La seconde phase de cette dernière campagne s’est terminée en 1990. 

1990 Le musée d’art contemporain

Avec cette la réhabilitation totale du bâtiment, le CAPC musée d’art contemporain s’est déployé dans la totalité de l’Entrepôt, en compagnie du centre d’architecture  arc en rêve. La nef a retrouvé sa pureté originelle, sans les précédents équipements scéniques et de nouvelles galeries ont été aménagées. Grâce à l’aide de la fondation de la famille Sackler un auditorium a été créé. La réouverture a eu lieu avec une proposition de Richard Serra et des installations de six artistes majeurs de la collection.

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