CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

Le CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux

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Depuis sa fondation en 1973, le CAPC – originellement Centre d’arts plastiques contemporains –, devenu en 1984 le musée d'art contemporain de la ville de Bordeaux, et labellisé « Musée de France » en 2002, a toujours été un espace exceptionnel pour la création.

Le musée est installé dans un imposant bâtiment patrimonial situé dans le quartier des Chartrons, à proximité des quais de Garonne, où il dispose de 3 422 m2 de surfaces d’exposition. L'Entrepôt Lainé, ancien entrepôt réel de denrées coloniales bâti en 1824, a été rénové par les architectes Denis Valode et Jean Pistre, en collaboration avec la designer Andrée Putman, entre 1984 et 1990.

Au cours de ses plus de quarante ans d'histoire, ce lieu de recherche et d'expérimentation a su rapprocher artistes et visiteurs, curieux de découvrir de nouvelles formes et de nouvelles idées. Ces rencontres se sont faites autour d'œuvres qui pour beaucoup ont rejoint sa collection. Riche de plus de 1 600 pièces signées par plus de 200 artistes du monde entier, le fonds du CAPC rassemble des œuvres d’artistes tels que Daniel Buren, Nan Goldin, Simon Hantaï, Sol LeWitt, Annette Messager ou encore Richard Serra. D’autres œuvres de la collection, réalisées in situ, sont visibles en permanence, comme celles de Christian Boltanski, Keith Haring ou Richard Long.

Acteur culturel essentiel de Bordeaux et de la Nouvelle-Aquitaine, le CAPC assure la transmission aux générations futures de l'important patrimoine dont il est le garant. Il partage une certaine vision de l'art contemporain et de son histoire, offrant à ses visiteurs une passerelle entre les expériences esthétiques de la fin du siècle dernier et les questionnements des artistes d'aujourd'hui.

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Quelques repères historiques

1973 – 1984

L’association CAPC créée par Jean-Louis Froment organise, en 1973, la première grande exposition collective d’art contemporain à Bordeaux, Regarder ailleurs, dans le hall du Palais de la Bourse, avec des créations de Claude Viallat, Gina Pane, Jean Oth et Gérard Titus-Carmel. Dès l’année suivante, l’association commence à partager les espaces du rez-de-chaussée de l’Entrepôt Lainé avec un collectif d’associations culturelles locales œuvrant dans divers domaines et regroupées sous l’appellation de Groupe d’Utilisateurs du Lieu (GUL). La première exposition collective qui se tient dans l’imposante nef centrale est intitulée Pour mémoires (1974) et présente des œuvres de Christian Boltanski, Jean Le Gac et Jacques Monory, entre autres.

Pendant cette période, l’Entrepôt Lainé devient aussi un des lieux d’accueil de la programmation du festival pluridisciplinaire SIGMA, initié par Roger Lafosse en 1965, et dont le Centre d’information Sigma occupera des espaces de travail dans le bâtiment de 1972 à 1989. Pendant ses trois décennies d’existence, cet événement pluridisciplinaire enrichit le paysage culturel bordelais en invitant chaque année pendant une semaine le meilleur de la création indépendante et expérimentale en matière de spectacle vivant, de musique et de cinéma.

L’association arc en rêve centre d’architecture, créée à Bordeaux en 1980, s’installe de son côté dans le même bâtiment dès 1981. Son objectif est de mener des actions de sensibilisation culturelle dans les domaines de l’architecture, de la ville, du paysage et du design, et d’assurer un rôle de médiation pour la promotion de la qualité du cadre de vie. Ses missions s’articulent également autour de la mise en œuvre d’expositions, conférences, débats, éditions, animations avec les enfants, etc. Autant d’initiatives qui favorisent la découverte de la création architecturale contemporaine à Bordeaux, dans la région et dans le monde, et qui ont su prendre en compte les transformations urbaines profondes qui se soit produites à Bordeaux et ailleurs.

 

1984 – 1990

En 1984, le centre d’art, vite remarqué sur la scène internationale, devient, par volonté politique, le musée d’art contemporain de la Ville de Bordeaux. Hormis le Centre Pompidou à Paris, peu de lieux en France sont alors dédiés exclusivement à l’art contemporain. Le premier fonds de la collection se constitue à partir de dépôts, de dons et de l’acquisition d’œuvres présentées dans les expositions. De nouvelles phases de travaux de rénovation, initiés dès l’achat du bâtiment par la ville en 1974, sont conduits par les architectes Denis Valode et Jean Pistre, avec la collaboration de l’architecte d’intérieur Andrée Putman, jusqu’aux derniers aménagements, en 1990.

Jusqu’à la fin des années 1980, le CAPC réalise des expositions thématiques qui présentent à Bordeaux les grands mouvements de l’art contemporain international et des expositions monographiques d’artistes liés à certaines avant-gardes importantes des décennies précédentes : Antiform, Arte povera, Art conceptuel, Art minimal, Land Art. La programmation s'ouvre aussi à la nouvelle génération de peintres européens : Anselm Kiefer, Jean-Charles Blais, Richard Combas, Boisrond, Hervé Di Rosa, Enzo Cucchi, Miquel Barceló ou José María Sicilia, sans oublier, en 1985, la première exposition monographique de Keith Haring en Europe, qui réalise pour l’occasion, et in situ, un ensemble d’œuvres originales, dont un wall painting encore visible en permanence depuis l’ascenseur du musée.

 

1990 – 1996

En 1990, le CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux rouvre après travaux. L‘imposante installation Threats of Hell de Richard Serra occupe l’espace monumental de la nef centrale. De la collection, sont présentés les ensembles les plus importants : Christian Boltanski, Daniel Buren, Gilbert & George, Jannis Kounellis, Sol LeWitt, Richard Long, Mario Merz. Un an plus tard, Daniel Buren magnifie à son tour l’architecture de l’Entrepôt dans une spectaculaire installation de miroirs intitulée Arguments topiques.

En 1992, l’artiste californien Mike Kelley est invité au CAPC pour sa première rétrospective en France. En 1993, c’est le commissaire d’exposition Harald Szeemann qui investit la nef du musée pour y mettre en perspective le travail de huit artistes émergents dans l’exposition GAS, Grandiose Ambitieux Silencieux et cette même année, commande est passée à On Kawara pour la réalisation d’un livre d’artiste à l’occasion des 20 ans de la structure, intitulé 247 mois, 247 jours. En 1995, le tandem d’artistes britanniques Gilbert & George propose dans l’atrium la performance The Singing Sculpture, en marge de l’exposition collective Attitudes/ Sculptures 1963-1972, tandis que la grande nef du musée devient le théâtre d’une réactualisation en intérieur de l’impressionnante installation de Robert Morris, Steam, créée en 1967, qui remplit cet espace emblématique d’une dense vapeur d’eau diffusée en continu sur un gigantesque lit de pierres.

Les années 1990 voient naître une nouvelle génération d’artistes, de commissaires d’expositions et de critiques dont le rapport aux images, à leur circulation et aux médias s’est profondément transformé. L’« esthétique relationnelle » devient ainsi l’expression majeure de la décennie. On en perçoit les enjeux dans les dispositifs de l’exposition collective Traffic, conçue en 1996 par le commissaire d’exposition Nicolas Bourriaud, devenue depuis emblématique de son époque et d’un renouveau des pratiques curatoriales.

 

1996 – 2002

Jean-Louis Froment quitte la direction du CAPC en 1996. Lui succède Henry-Claude Cousseau, nommé en même temps à la direction des musées de Bordeaux, et secondé, à la tête du CAPC, par Marie-Laure Bernadac.

En 1998, Cities on the Move, proposée par Hou Hanru et Hans Ulrich Obrist, constitue la première collaboration du musée avec le centre d’architecture arc en rêve, et révèle l’émergence des artistes d’Asie sur la scène mondiale. Cette même année, le CAPC présente la première exposition monographique de Louise Bourgeois dans un musée français, et, en 1999, s’y tiendra la première rétrospective en France du travail de Cindy Sherman, sans oublier la proposition d’Anish Kapoor réalisée in situ pour la nef.

Au début du nouveau millénaire, en parallèle avec les expositions monographiques de Sarkis (2000) ou de Jenny Holzer (OH, 2001), le CAPC invite à réfléchir autour de thèmes de société. En 2000, pour l'exposition Présumés innocents, l’art contemporain et l’enfance, plusieurs générations d’artistes proposent leur point de vue sur le thème universel de l’enfance.

 

2002 – 2006

En 2002, Maurice Fréchuret succède à Henry-Claude Cousseau. Pour son premier commissariat, il revisite les racines de l’art contemporain et les origines du CAPC avec l’exposition Les années 70, l’art en cause qui rassemble des œuvres de plus de cent artistes ayant marqué cette décennie. En 2004, la nourriture, réflexe biologique ou acte culturel, est l’interrogation commune aux œuvres de la quarantaine d’artistes participant à Hors d’œuvre : ordre et désordres de la nourriture. Autre thématique sociétale abordée est celle du sommeil, en 2006, dans l’exposition Dormir, rêver… et autres nuits, qui rassemble une quarantaine d’artistes internationaux comme Francis Alÿs, Sophie Calle, Pascal Convert, mais aussi Alicia Framis, Nan Goldin ou Andy Warhol.

Pendant cette période, le CAPC présentera une exposition individuelle de l’Iranienne Chohreh Feyzdjou et invitera d’autres artistes émergents à investir la nef du musée avec des propositions personnelles, telles que celles de la Française Tatiana Trouvé, l’Américaine Jessica Stockholder ou encore le collectif italien Stalker. Leur projet Aux bords d’eaux (2003) sera réalisé dans le cadre de la commande publique d’œuvres d’art contemporain liée à la mise en service du tramway de l’agglomération bordelaise.

Maurice Fréchuret fait également découvrir ou redécouvrir les œuvres de la collection du CAPC à travers le prisme de points de vue scientifiques inédits, dans les expositions Dialogues : œuvres de la collection, où sont présents des artistes internationaux dont Haim Steinbach, Wim Delvoye, Richard Serra, José Maria Sicilia, Daniel Buren, Paul McCarthy et Peter Halley ; Collection Eté – Automne 2005, avec Maurizio Cattelan, Gilbert & George, Jenny Holzer, Tony Oursler, Jack Pierson, Wolfgang Tillmans et Lawrence Weiner ; et Collection Automne – Hiver 2005, avec des œuvres de Jannis Kounellis, Mario Merz, Annette Messager, Toni Grand, Fischli & Weiss, Gilbert & George, On Kawara et Anish Kapoor, entre autres.

 

2006 – 2013

Charlotte Laubard sera la première femme à diriger le musée d’art contemporain de Bordeaux de 2006 à 2013. Au cours de ces années, elle s’attache à repositionner l'institution dans une nouvelle donne internationale et dans un contexte culturel étendu, élargi à la musique, l’architecture, le cinéma, la littérature, mais aussi les mass media et la culture populaire.

En 2007, If Everybody had an Ocean : Brian Wilson, une exposition initie une série d’expositions inspirées par l'univers musical des années Pop. Less is Less, More is More, that’s all s’interroge sur l’objet acculturé, répondant à la première exposition rétrospective du collectif bordelais Présence Panchounette en 2008. IΩO, Explorations psychédéliques en France, 1968 - ∞ (2009), doublée d’un festival musical, revisite les années de la contestation. Insiders, pratiques, usages, savoir-faire, nouvelle collaboration du CAPC avec arc en rêve centre d’architecture, investit la notion de folklore contemporain. Left Behind (2010) présente quinze peintures monumentales réalisées par l’artiste Jim Shaw au cours des dix années précédentes. L’expostion Dystopia (2011) est conçue à partir d’un scénario proposé par l’écrivain de science-fiction et théoricien américain Mark von Schlegell. Sociétés secrètes. Savoir, oser, vouloir, garder le silence / To Know, To Dare, To Will, To Keep Silence (2011-2012) aborde la question des sociétés secrètes.

En 2012 est organisée la première rétrospective en France consacrée à l’artiste luxembourgeois Michel Majerus. À cette occasion, le musée accueille une sélection conséquente d’installations et de peintures dans sa nef, dont la gigantesque rampe de skateboard If you are dead… so it is. En 2013, le théâtre mécanique de Markus Schinwald investit la nef du musée et la même année, cet espace devient le lieu d’une réactivation de la spectaculaire installation d’Allan Kaprow, Yard, régulièrement réinventée depuis 1961. Enfin, SIGMA (2013-2014), coproduite avec les Archives de la Ville de Bordeaux, est la première exposition d'envergure sur ce festival transdisciplinaire. La dernière grande monographie présentée sous la direction de Charlotte Laubard est une importante rétrospective consacrée à l’artiste allemand Franz Erhard Walther intitulée Le corps décide.

 

2014 – 2018

En 2014, la commissaire d’exposition franco-colombienne María Inés Rodríguez reprend les rênes de l’institution. Elle présente, en 2015, dans la nef du musée la première rétrospective majeure consacrée à l'œuvre singulière et polysémique de l’artiste franco-chilien Alejandro Jodorowsky. Elle invitera ensuite à investir ce même espace Leonor Antunes, avec son projet monumental le plan flexible (2015-2016), recourant à deux de ses matériaux de prédilection, le liège et le laiton ; Rosa Barba, qui proposera un voyage quasi fantastique dans les couloirs de la mémoire audiovisuelle à travers une imposante installation filmique et musicale, De la source au poème (2016-2017) ; et l’artiste guatémaltèque Naufus Ramírez-Figueroa avec l’installation in situ, Linnæus in Tenebris (2017), qui revisite l’héritage des Lumières à l’aune des grands dérèglements géopolitiques et environnementaux actuels. Entre 2016 et 2017, et pour la première fois depuis la création du CAPC, un ensemble d’une trentaine d'œuvres de la collection traverse l'Atlantique pour une exposition intitulée Toujours, le musée comme témoin, qui circulera au Mexique pendant dix mois entre le MARCO Museo de arte contemporáneo de Monterrey et le Museo Amparo de Puebla.

La saison culturelle de la ville, Paysages Bordeaux 2017, est l'occasion d'inviter le collectif curatorial Latitudes pour concevoir une grande exposition collective réunissant plus de 30 artistes, qui traite du rapport qu’entretiennent les œuvres d’art, les collections et les histoires culturelles avec les processus écologiques et la dimension géologique du temps, intitulée 4,543 milliards. La question de la  matière. Ce nouveau rendez-vous culturel estival offre également la possibilité de présenter trois œuvres monumentales de l'artiste britannique Richard Long, appartenant à la collection du CAPC, à travers un parcours hors les murs.

Dans le cadre de l’Année France-Colombie 2017, le CAPC propose au sein de la nef la première grande rétrospective en Europe de l’artiste colombienne Beatriz González, dont l’œuvre est marquée par l’histoire de son pays. En 2018, le Bordelais Benoît Maire, dont le travail se situe au croisement de l’art et de la philosophie, présente Thèbes, importante exposition personnelle accompagnée de la première publication monographique consacrée à son œuvre, et à l’automne de la même année, c’est l’artiste danois Danh Vo qui est invité à son tour à concevoir une monumentale installation in situ pour la nef du musée.

 

2019

En septembre 2019, c'est Sandra Patron qui devient la nouvelle directrice du CAPC. Le programme d’expositions en cours a été conçu, pendant la période d'intérim, sous la direction artistique de la commissaire en chef de l'institution, Alice Motard. Il manifeste un désir de réhabiliter des pratiques qui échappent au langage et au discours, une volonté de souligner l’importance de l’exposition comme médium, en montrant des œuvres avec lesquelles il s’agira de passer du temps et dont il faudra faire l’expérience directe, ainsi que la conviction que l’art ne se résume pas à «montrer et dire» ou «montrer pour dire».

La saison a ouvert en mars, avec Rovesciamento, projet in situ conçu pour la nef du musée par le duo franco-italien Marie Cool Fabio Balducci, et la première exposition monographique en France de Takako Saito, artiste japonaise ayant pris part à la mouvance Fluxus.

Elle s'est poursuivie en juin avec trois projets d’envergure inscrits dans le cadre de la saison culturelle de la ville, Liberté ! Bordeaux 2019. Dans la nef, l’artiste écossaise Ruth Ewan a présenté It Rains, It Rains, exposition où elle redéploie au cœur de la nef son installation Back to the Fields, version « grandeur nature » du calendrier républicain français (ou calendrier révolutionnaire) rassemblant 360 objets, dont une grande majorité de plantes et d’arbres, utilisés pour désigner chaque jour de l’année.

Dans les galeries supérieures du CAPC, l’exposition collective Histoire de l’art cherche personnages…, imaginée en collaboration avec le musée de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI) d’Angoulême et la Fondation Gandur pour l’Art, Genève, explore la notion de figuration à travers le prisme du contemporain. Enfin, toujours dans le cadre de la saison culturelle, le CAPC a proposé, hors les murs, un parcours dans la ville – allant de l’Opéra au Jardin Botanique en passant par l’ancienne église Saint-Rémi – permettant de voir ou revoir quatre œuvres essentielles de Jean-Pierre Raynaud appartenant à la collection du musée.

Le programme se clôturera en octobre avec une exposition de l’artiste britannique Lubaina Himid – lauréate du prestigieux Turner Prize en 2017 – s’articulant autour de la présentation dans la nef de son installation Naming the Money, œuvre fondamentale de cette figure majeure du British Black Art, composée de 100 découpes peintes de silhouettes en contreplaqué représentant des esclaves africains dans les cours royales du XVIIIe siècle.

Chacun de ces trois temps forts sera aussi l’occasion de découvrir une nouvelle production vidéo par le biais du programme « Satellite », coproduit avec le Jeu de Paume à Paris et le Museo Amparo à Puebla (Mexique), qui marque la volonté du CAPC de soutenir la création émergente et l’image en mouvement. La lauréate de cette douzième édition, la commissaire flamande Laura Herman, propose une remise en question de l’architecture perçue comme refuge, avec des commandes passées aux artistes Julie Béna, Ben Thorp Brown et Daisuke Kosugi.

En parallèle à ce programme d’expositions, le cycle de cours d’histoire de l’art 2019 a été assuré par le commissaire Guillaume Désanges, auquel le CAPC a proposé de rejouer l’intégralité des conférences-performances qu’il développe depuis une dizaine d’années.

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