CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

Jim Shaw

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Montezuma’s Revenge, 2007

Acrylique sur toile enduite
610 x 1138 cm

Don des Amis du CAPC, 2012

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Proche de la scène artistique néo conceptuelle californienne des années 80, Jim Shaw est une personnalité atypique. Il partage avec Paul McCarthy et Mike Kelley un même désir de produire une oeuvre plastique visant à explorer le versant obscur de la société américaine consumériste et standardisée. Il puise son inspiration dans une culture vernaculaire en deçà des catégories établies par l’histoire de l’art : tableaux d’amateurs récupérés dans des brocantes, objets de cultes populaires, BD, musique rock, films de série B, etc. La peinture, le dessin, la sculpture, la vidéo, l’installation et la performance sont autant de médiums utilisés par l’artiste depuis la fin des années 1970 au service d’une vision foisonnante et encyclopédique.

En 2010, 15 œuvres étaient rassemblées dans l’exposition Left Behind dans la nef du CAPC. Des peintures monumentales réalisées par l’artiste au cours des dix dernières années ainsi qu’un ensemble de sculptures étaient présentés. Le titre Left behind renvoit à une série de romans de fictions millénaristes faisant référence aux thèmes chrétiens ultraconservateurs. « Left behind » désigne aussi les ouvriers américains, les « laissés pour compte » de la mondialisation qui abandonnés par le parti démocrate ne peuvent même plus compter sur le syndicalisme à bout souffle. Parmi eux, beaucoup ont trouvé du réconfort dans l’évangélisme, faute d’espoir dans l’avenir…

Montezuma’s Revenge (La revanche de Montezuma) est un ancien rideau de théâtre. Au décor initial, une ville abandonnée du Far-West américain, Jim Shaw ajoute des symboles apocalyptiques évoquant la fin du monde, des emblèmes de prédictions dont celle prévue par le calendrier Maya en 2012. Au centre de la toile un trou forme une sorte de béance d’où s’échappe des insectes qui colonisent toute la surface de la toile.

Montezuma’s Revenge est une œuvre majeure de Jim Shaw dont les dimensions exceptionnelles confirment sa singularité. Cette oeuvre traduit aussi le portrait d’une Amérique mythomane. Comme le résume l’artiste, les américains sont passés du New Deal au mauvais rêve néolibéral actuel.

 

Jim Shaw est né en 1952 à Midland aux Etats-Unis.

 

Achetée par les Amis du CAPC à la galerie Praz-Delavallade, Paris et offerte en don au CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux, cette œuvre témoigne de l’histoire des expositions du lieu et enrichie considérablement la collection en permettant de consolider l’ensemble déjà représentatif d’œuvres issus de la scène néo-conceptuelle californienne (Paul McCarthy, Mike Kelley).

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