CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

JIM SHAW

Left Behind

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Pour la première fois, cette exposition rassemble 15 peintures monumentales qui ont été réalisées par l’artiste ces dix dernières années. Elles s’accompagnent de sculptures dont une  sculpture géante gonflable et d’une  collection, totalement inédite, rassemblée par l’artiste, d’objets chrétiens qui font appel à une iconographie apocalyptique.
Pour la première fois, cette exposition rassemble 15 peintures monumentales qui ont été réalisées par l’artiste ces dix dernières années. Elles s’accompagnent de sculptures dont une  sculpture géante gonflable et d’une  collection, totalement inédite, rassemblée par l’artiste, d’objets chrétiens qui font appel à une iconographie apocalyptique.

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Depuis If Everybody had an Ocean. Brian Wilson, une exposition (commissaire Alex Farquharson) qui reconsidérait les différents développements de l’art depuis les années 1960 à travers le prisme de la vie et de la musique du compositeur des Beach Boys, jusqu’à à Insiders - Practices, usages, savoir-faire, une exposition sous forme d’enquête sur les relations entre création contemporaine et folklore aujourd’hui, le CAPC musée d’art contemporain continue sa plongée subculturelle avec l’exposition personnelle dédiée à Jim Shaw.

La peinture, le dessin, la sculpture, la vidéo, l’installation et la performance sont autant de médiums utilisés par l’artiste américain depuis la fin des années 1970 au service d’une vision foisonnante et encyclopédique. Personnalité atypique du milieu artistique californien, Jim Shaw partage avec Paul McCarthy et Mike Kelley un même désir de produire une oeuvre plastique visant à explorer le côté obscur d’une société américaine conformiste et standardisée. Jim Shaw puise son inspiration dans une culture vernaculaire en deçà des catégories établies par l’histoire de l’art : tableaux d’amateurs récupérés dans des brocantes, objets de cultes populaires, BD, musique rock, films de série B, etc.  Après avoir amassé une collection de plus de quatre cent toiles de peintres du dimanche illuminés (Trift Store Paintings), d’avoir dessiné pendant plus de dix ans ses rêves (Dreams), l’artiste s’est lancé depuis 2002 dans le projet d’inventer une religion qui recycle mythes fondateurs du pays et croyances crypto-sectaires américaines.

 

A  l’occasion de son exposition à Bordeaux, l’artiste présente sa production la plus récente, soit une quinzaine de toiles monumentales accompagnées de sculptures dans la nef du musée. Sur des paysages urbains surannés d’anciens décors de théâtre, les formes peintes par l’artiste semble flotter telles des apparitions. Inspiré par la technique du cut-up de Williams Burroughs, Shaw livre ici une vision de l’Amérique schizoïde, entre rêve et cauchemar. Conglomérat de moments d’une histoire personnelle et fragments d’une histoire culturelle collective, l’hétérogénéité des sources iconographiques surprend et fascine : épisodes de la vie de l’artiste, symboles iconiques de la culture américaine, références de l’histoire de l’art moderne, imageries bibliques, imagerie hollywoodienne, personnalités politiques ou médiatiques, représentations du consumérisme, visions du 11 septembre… A cela s’ajoute leur traitement stylistique tout aussi disparate mêlant différents langages visuels: abstraction moderniste, hyperréalisme cinématique, imagerie western, ou des publicités des années 1950, traitement schématique de la bande dessinée et des films hollywoodiens. Les déformations, fragmentations, ou multiplications renforcent l’impression de déliquescence, la sensation d’un monde qui ne tourne pas rond.

L’aspect fondamental de la série Left Behind réside selon Jim Shaw dans « la fin du mouvement ouvrier mis à mort par le reaganisme et la globalisation, et sa réappropriation  par des Born Again Christians [1]induits en erreur. Il s’agit aussi des funérailles d’un capitalisme local, celui des petites villes de l’ère du New Deal, remplacé par le capitalisme-casino des années 2000 ».

Fasciné par les mouvements millénaristes prêchant la fin du monde, l’artiste a collectionné depuis de nombreuses des objets exploitant l’iconographie apocalyptique. Cette collection sera présentée pour la première fois dans l’exposition du CAPC.

 

L’exposition sera inaugurée par une performance  musicale de l’artiste et ses assistants avec des instruments/sculptures conçus à cette effet.

 

Un catalogue  sera publié à la suite de l’exposition, regroupant de nouveaux essais, des vues d’exposition et une abondante iconographie documentant le processus de travail de l’artiste.

 

 


[1] Born Again Christians est le nom donné dans les Églises évangéliques américaines aux adeptes de la doctrine de la « régénation baptismale ». Par extension l’expression est souvent utilisée actuellement pour caractériser l’enthousiasme de nouveaux convertis à une cause ou à une croyance.

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