CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux
<- Wednesday 11 September 2019 ->

• 11 September 2019 - 19h > 20h45

SCREENING

SOIRéE DE PROJECTIONS
Nancy Holt, Gordon Matta-Clark, Ben Rivers...
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Une programmation en lien avec l'exposition de Ruth Ewan, It Rains, It Rains.

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Dans la continuité de l’exposition It Rains, It Rains de l’artiste écossaise Ruth Ewan, le CAPC propose le 11 septembre à 19h un cycle de projections. Pour faire écho à l’intérêt que l’artiste porte aux modes de représentations du temps, à ses outils de mesure mais aussi aux cycles de la nature, le CAPC musée propose une sélection de films d’artistes qui élargissent et prolongent le regard à partir de ces thèmes de réflexion. Les films feront ainsi la part belle aux horloges, aux saisons et aux révolutions solaires.

PROGRAMME 

• Phyllis Baldino, Clock/Not Clock, 1993, 2 min. 43 sec., vidéo transposée en HD numérique, couleur, son

• Gordon Matta-Clark, Clockshower, 1973, 13 min. 50 sec., 16mm transposé en HD numérique, couleur, silencieux

• Ben Rivers, Things, 2014, 21 min., 16mm transposé en HD numérique, couleur, son

• John Woodman, Light Mouvements, 1977, 11 min., 16mm transposé en HD numérique, couleur, silencieux

• John Woodman, Pear Tree, 1977, 14 min., Super8 transposé en HD numérique, couleur, silencieux
 

• Nancy Holt, Sun Tunnels, 1978, 26 min 31 sec., 16mm transposé en HD numérique, couleur, son 

• Semiconductor (Ruth Jarman & Joe Gerhardt), Heliocentric, 2009, 15 min., vidéo HD transposée en HD numérique, couleur, son

Durée : 1h40

 

Les horloges

Deux films qui proposent une allusion directe aux horloges, au sens le plus littéral.

Phyllis Baldino

Clock/Not Clock, 1993, 2 min. 43 sec., vidéo transposé en HD numérique, couleur, son
Courtesy Electronic Arts Intermix (EAI), New York 

Tiré d’une série de films courts réalisés chacun en une seule prise directe, intitulée The Gray Area Series, Clock/Not Clock s’inspire des théories mathématiques de la « logique floue » (Fuzzy Logic) qui considère que la valeur de vérité d’une chose ne se résume pas à la simple opposition binaire entre le vrai et le faux, mais peut faire l’objet d’une multitude de nuances intermédiaires.

Phyllis Baldino (née en 1956) est diplômée en sculpture de la Hartford Art School, Université de Hartford, Connecticut. Son travail a été présenté dans des expositions collectives et dans des lieux tels que Wiels, Centre d’Art Contemporain, Bruxelles ; MoMA PS1, New York ; Museum of Contemporary Art, Chicago ou encore le Stedelijk Museum, Amsterdam.

Phyllis Baldino développe une pratique artistique conceptuelle qui fusionne performance, vidéo et sculpture. Baldino interroge la fonction des objets à travers le prisme des gestes de la vie quotidienne. Ses œuvres filmiques représentent souvent l'artiste en train d'assembler des objets trouvés, sur lesquels elle opère des actions de construction-déconstruction pour jouer de leur statut, leur fonction et leur signification. 

 

Gordon Matta-Clark

Clockshower, 1973, 13 min. 50 sec., 16mm transposé en HD numérique, couleur, silencieux
Courtesy Electronic Arts Intermix (EAI), New York 

Œuvre à part dans la filmographie de Gordon Matta-Clark, Clockshower est une performance des plus audacieuses, dans laquelle, suspendu au-dessus de la rue, l’artiste prend une douche et se lave les dents au sommet de la grande horloge de New York à une hauteur vertigineuse.

Figure majeure de l’art américain des années 1970 Gordon Matta-Clark (1943-1978) est essentiellement connu pour sa pratique de déconstruction qu’il a lui-même qualifié d’ « anarchitecture ». Intervenant au cœur de l’espace urbain son travail procède de spectaculaires découpes (cuttings) et dissections de bâtiments abandonnés, voués à la démolition. Il opère ainsi de véritables « failles critiques » dans le paysage construit en perçant des façades et révélant la structure des bâtiments. Cette pratique à la fois audacieuse, risquée et subversive est considérée par l’artiste comme un acte politique et un moyen de remettre en cause les relations entre l’homme et son environnement. Gordon Matta-Clark a documenté sa pratique à travers de nombreux films comme Splitting (1974), une découpe en deux d’une maison pavillonnaire américaine ou encore le célèbre Conical Intersect (1975), une gigantesque perforation de 4 mètres de diamètre dans un immeuble situé dans le futur quartier Beaubourg.  

 

Les saisons, les humeurs

Les saisons affectent tout autant le paysage que les humeurs. Deux films qui témoignent et mettent en évidences les possibles mutations que celles-ci peuvent produire, qu’elles soient psychiques ou en lien direct avec notre environnement extérieur. 

Ben Rivers

Things, 2014, 21 min., 16mm transposé en HD numérique, couleur, son
Courtesy Ben Rivers et LUX, Londres

Suite à un défi lancé par un ami de faire un film couvrant une année calendaire, Ben Rivers s’intéresse à la manière dont les saisons affectent nos humeurs ainsi que notre compréhension et notre relation à l’environnement : « Venant d’un pays où les saisons sont très marquées, je me suis intéressé à la manière dont les saisons affectent le sens du monde, les humeurs ainsi que notre compréhension et notre relation à l’environnement : l’Hiver est très interne et réflexif […] au Printemps l’atmosphère s’illumine […] l’Été est un mélange de joies plurielles […] et l’Automne […] un moment incertain. » Things est le récit d’un voyage intérieur à la découverte des zones inexplorées de l’espace de vie de l’artiste.      

Ben Rivers (né en 1972) est un cinéaste installé à Londres et reconnu aujourd’hui comme un représentant important du cinéma expérimental.  Son travail montré régulièrement dans de nombreux festivals internationaux et galeries d’art se situe à la lisière de l’ethnographie, l’anthropologie et la fiction. Son cinéma explore les territoires en marge, les modes de vies alternatifs, les communautés et individus isolés vivant à l’écart de la société, avec une grande puissance visuelle et poétique. Croisant des sources multiples et de nombreuses références, Ben Rivers conçoit des portrait inédits (What Means Something, 2015) et offre une vision recomposée, dystopique de la nature humaine, autant dans ses rituels collectifs qu’individuels. Utilisant souvent le format 16mm, Ben Rivers développe une approche intuitive et artisanale de la production filmique, n’hésitant pas à manier et soumettre la pellicule à de multiples traitements manuels. 

 

John Woodman

Deux courts films de John Woodman qui à travers différents processus d’écriture filmiques (captations d’images régulières selon des cycles lunaires…) analysent nos modes de perceptions et les variations du paysage au cours du temps et selon le cycle des saisons.

Light Mouvements, 1977, 11 min., 16mm transposé en HD numérique, couleur, silencieux
Courtesy John Woodman et LUX, Londres

Light Movements est composé de quatre sections filmées à différentes saisons, présentant la vue fixe d’un chemin traversant des chênes sur Wimbledon Common, au sud de Londres. Ce film explore en continu les changements subtils de forme et lumière du cadre naturel. Selon un rituel de captation méthodique des images défini l’avance, John Woodman croise dans son film les temporalités en entremêlant le temps filmique de la production d’image à celui des phénomènes naturels.    

Pear Tree, 1977, 14 min., Super8 transposé en HD numérique, couleur, silencieux
Courtesy John Woodman et LUX, Londres

Pear Tree a été film en Super8. Le film est composé de prises d'une durée de 4 secondes, enregistrées selon le même point de vue fixe réalisé chaque semaine sur une période de quatre ans. Le film a été tourné dans le jardin de la maison où l’artiste habitait à Denmark Hill, à Londres.

John Woodman opère une dialectique entre continuité et mouvements perpétuels, entre durée et instantané, entre vision construite et perception immédiate. 

John Woodman a étudié à la St. Martin School of Art et à la Slade School of Art de Londres.

Il a créé le Centre de recherche sur les arts du paysage et de l'environnement (CLEAR) et en a été le directeur de 2004 à 2008. Il est actuellement membre honoraire de recherche de l'Université de Cumbria. Son travail depuis les années 1970, très porté sur la nature, procède d’enquêtes phénoménologiques axées sur l'observation du paysage et des phénomènes naturels. John Woodman interroge dans ses films notre mode de perception du vivant et rend compte de la complexité, et de l’infinie richesse des possibles mutations du paysage. Les mutations visuelles opérées notamment par les changements de saisons vont faire l’objet de nombreuses explorations dans son travail. De nombreux films de John Woodman sont le fruit d’une restitution, lente, méthodique et laborieuse d’innombrables captations d’images s’étalant sur des durées parfois exceptionnellement longues, de situations singulières du paysage en temps réel, réécrites et recomposées par le biais du montage cinématographique.

 

Calendriers et cycles naturels (hommage au soleil)

Deux films qui se concentrent sur le temps et les cycles naturels, et plus particulièrement les trajectoires et mouvements du soleil.

 

Nancy Holt

Sun Tunnels, 1978, 26 min 31 sec., 16mm transposé en HD numérique, couleur, son 
Courtesy The Holt/Smithson Foundation et Electronic Arts Intermix (EAI), New York

Film historique de l’artiste Nancy Holt qui documente la production de son œuvre Sun Tunnels (1976), œuvre majeure conçue au milieu du désert de l’Utah qui fonctionne comme une horloge solaire, décrivant le cycle du lever et du coucher du soleil ainsi que les solstices d’hiver et d’été. 

Pionnière des earthworks, Nancy Holt (1938-2014) est considérée comme une figure majeure du Land Art dans les années 1960 et 1970. Elle a développé des nombreux projets dans les domaines de la sculpture, de l'installation, du film, de la vidéo, et de la photographie. Fascinée par l’immensité du Grand Ouest américain, des paysages désertiques et désertés, chargés d’une géologie et d’une archéologie millénaires, elle est surtout connue pour ses œuvres sculpturales environnementales d’envergure (Pin Barrens, 1975 ou encore Up and Under, 1998) et plus particulièrement Sun Tunnels, un ensemble à grande échelle réalisé dans le dans le nord de l'Utah, œuvre qui mettent en jeu des réflexions sur la perception de l’espace et du temps et sur la place de l’homme dans l’univers. Compagne de Robert Smithson, elle collaborera avec lui sur de nombreux projets (Swamp), filmera avec lui plusieurs de ses réalisations (East Coast/West Coast ; The Spiral Jetty) et achèvera certaines des installations de l’artiste après sa mort (Amarillo Ramp).

 

Semiconductor (Ruth Jarman & Joe Gerhardt)

Heliocentric, 2009, 15 min., vidéo HD transposée en HD numérique, couleur, son
CourtesSemiconductor et LUX, Londres

Heliocentric utilise la prise de vue à intervalles réguliers pour décrire la trajectoire du soleil à travers une série de paysages différents. L’environnement défile devant la caméra tandis que le soleil reste au centre de chaque vue.

Semiconductor est un collectif d’artiste britanniques (Ruth Jarman et Joe Gerhardt) dont les œuvres explorent la matérialité du monde. Leur réflexion s’attache à transcrire comment nous le percevons et plus particulièrement à travers le prisme de la science et de la technologie en analysant comment leurs dispositifs véhiculent nos expériences. A partir de dispositifs techniques conçus par eux-mêmes, Semiconductor cherche à renouveler, à repousser les limites de l’image en mouvement et celles du langage visuel. Semiconductor a réalisé de nombreuses expositions individuelles : The Technological Sublime, City Gallery, Wellington, Nouvelle-Zélande, 2019 ; The View from Nowhere, Le Lieu Unique, Nantes, France ; Where Shapes Come From, Phoenix, Leicester, Royaume-Uni, 2017  et a participé à plusieurs expositions collectives (Dark Matter  95% of the Universe is Missing, Science Gallery, Londres, Royaume-Uni, 2019 ; Quantica, CCCB, Barcelone, 2019) et a participé à de nombreux festivals (Festival international du film de Rotterdam ; Festival européen des arts médiatiques).  

 

 

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-> Auditorium du musée
-> Disabled access
-> Price: Gratuit
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