CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

Art History // Cours d'histoire de l'art 2019 //

23.01.2019 -> 26.06.2019

Guillaume Désanges

Cycle de cours "Des histoires contre l'Histoire"

Cycle de conférences-performances

Chaque mois, de janvier à juin 2019, Guillaume Désanges utilise le format de la conférence-performance pour raconter l’histoire d’un art contemporain qui échappe au discours sur l’art.

« Depuis 2004, j’ai développé une pratique de conférences que j’imagine comme des expositions racontées. Elles tentent de renouveler le regard sur l’art, mais aussi sur les manières de le partager avec un public non spécialiste, entre théorie, spéculation et spectacle. Elles sont aussi un moyen de contester une Histoire de l’art linéaire et figée, pour en arpenter les chemins de traverses, au risque de la falsification, de la fiction et de la poésie. »

Guillaume Désanges

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Guillaume Désanges est un critique d’art et commissaire d’exposition. Il dirige Work Method, structure indépendante de production basée à Paris. Il a coordonné les activités artistiques des Laboratoires d’Aubervilliers (2001-2007). Il a été commissaire invité au Plateau FRAC Île-de-France οù il a curaté la série Érudition concrète (2009-2011). Depuis 2013, il est le curateur de La Verrière, Fondation d’entreprise Hermès à Bruxelles. Guillaume Désanges a organisé plusieurs expositions en France et à l’international, dont : Marie Cool Fabio Balducci (La Verrière, Fondation d’entreprise Hermès, Bruxelles, 2018), L’Ennemi de mon ennemi avec Neïl Beloufa (Palais de Tokyo, Paris, 2018), Jean-Luc Moulène, En angle mort (La Verrière, Fondation d’entreprise Hermès, Bruxelles, 2018), L’esprit français, Contre-cultures, 1969-1989 avec François Piron (la maison rouge - Fondation Antoine de Galbert, Paris, 2017), Poésie Balistique (La Verrière - Fondation d’entreprise Hermès, Bruxelles, 2016), Ma’aminim (the believers) (Prague tranzitdisplay, 2015), Curated Session #1: The Dora Garcia files (Pérez Art Museum, Miami, 2014), Une exposition universelle (section documentaire) avec Michel François (8e Biennale d’Art Contemporain, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2013), Amazing ! Clever ! Linguistic !, An Adventure in Conceptual Art (Generali Foundation, Vienna, Austria, 2013), Escape Plans avec Michel François (solo show) (SMAK, Gand, 2009-2010), Child’s Play (Iași, Roumanie ; Séoul, Corée du Sud ; Stockholm, Suède ; Amsterdam, Hollande ; New York, États-Unis ; Toronto, Canada, 2008-2010), Intouchable avec François Piron (Villa Arson, Nice, 2006 et Museo Patio Herreriano, Valladolid, 2007), Pick-Up (Public, Paris, 2004) et Stuk (Leuven, Belgique, 2008). Il a enseigné à l’École des Beaux-Arts de Paris-Cergy et à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il enseigne actuellement à l’École des Beaux-Arts de Lyon. 

 

INTERVIEW (extraits)

Une Histoire de la performance en 20 minutes
Revue Mouvement, janvier 2015
propos recueillis par Bertrand Dommergue

En 2004, vous signez votre première conférence-performance : Une Histoire de la performance en 20 minutes. Depuis, vous en avez produit plusieurs, au point d’être connu par une partie du public, d’abord comme auteur de conférences-performances.

D’où vient la conférence-performance ? S’agit-il, pour vous, d’un médium à part entière ? Et, si oui, fait-il de vous, un artiste à part entière ?

« Avec ces conférences, que je considère comme des expositions racontées, je me suis toujours défendu d’être un artiste pour une raison simple : si moi-même je devais les juger en tant que critique, je les trouverais artistiquement faibles. Je crois que leur horizon critique, théorique ou même pédagogique est plus prégnant que leur horizon artistique. En général, d’ailleurs je ne suis pas particulièrement fan de l’art référentiel. J’ai emprunté ces formes pour des raisons balistiques – le besoin d’atteindre un objectif précis – mais je ne m’y suis pas installé. Elles étaient à chaque fois déterminées par des fonctions qui sont des fonctions critiques.

Cela a commencé de manière fortuite en 2004, alors que j’étais invité à faire ma première intervention publique, avec une liberté sur le choix du sujet mais une contrainte : ne parler que vingt minutes, pour laisser la parole aux autres intervenants. Alors un peu comme un défi, je me dis : « Et si je faisais une histoire de la performance en vingt minutes . D’abord parce que j’aime la performance et que je suis arrivé à l’art contemporain par elle. Mais plus profondément, à cause d’une anecdote personnelle.

Quelques temps auparavant, j’avais entendu quelqu’un soutenir qu’il était impossible de comprendre les performances de Gina Pane si on ne faisait pas le lien avec la guerre du Vietnam. Or, j’étais vraiment fan du travail de Gina Pane tout en ignorant cette relation. Alors, comme pour me prouver que c’était possible, j’ai voulu tenter une histoire de la performance en la décontextualisant de son environnement social, historique et politique, en me focalisant sur les explosions affectives et conceptuelles qu’elle exprime en image : une suite de gestes déterminants, mais non déterminés. Et pour accentuer ce point de vue, au lieu de montrer des images, j’ai demandé à un comédien de figurer en live ces images iconiques de Gina Pane, mais aussi Vito Acconci, Niki de Saint Phalle, Chris Burden, Bruce Nauman, etc. Un seul corps, en costume, reproduisant indifféremment les gestes de femmes ou d’hommes, habillés ou nus.

Suite à cette première expérience qui n’avait pas vocation à être renouvelée, on m’a proposé d’en faire une deuxième – ça a donné Vox Artisti, His Master’s Voice, une conversation artificielle entre des voix d’artistes, comme une partition musicale commentée. Puis une troisième, Signs and Wonders, sur une histoire de l’art minimal en ombres chinoises. Elles ont progressivement été montrées sur des scènes de spectacle et des festivals de performances, ce que j’ai accepté, car je prends toujours beaucoup de plaisir à les refaire, tant elles présentent une forme très pratique d’exposition dématérialisée.

Dès lors, j’ai constaté qu’on risquait d’attendre systématiquement une conférence-performance de ma part, alors que le projet théorique prime : ce qui était à la base une esquive nécessaire, risquait de devenir une forme attendue. Du coup, ma dernière conférence de cette série, Le Côté obscur de la forme, est volontairement déceptive dans sa forme : juste une table, un micro et de la parole.»

 

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Sous réserve de places disponibles

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-> Auditorium du CAPC
-> Disabled access
-> Price: Gratuit
-> Free entrance

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