CAPC
musée d'art contemporain
de Bordeaux

Diego Perrone

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La mamma di Boccioni in ambulanza, 2007

(La mère de Boccioni en ambulance)
2007
oeuvre en 3 dimensions
sérigraphie sur forex thermoformé, stylo bille et plastiline, aluminium
343 x 270 x 250 cm

Achat en 2008

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Produite spécifiquement pour l’exposition personnelle de l’artiste dans la nef du CAPC en 2007, la sculpture intitulée La mamma di Boccioni in ambulanza (La mère de Boccioni en ambulance) est la transcription formelle d’un processus mental. Chaque étape de sa réalisation fait coïncider l’invention d’une forme à partir des contraintes de la réalisation technique.

Il y eût tout d’abord une image trouvée sur internet représentant une « simulation de sauvetage » que l’artiste a retravaillé par Photoshop en agrandissant la pixelisation.  Imprimée sur un modèle de papier, l’image fut reportée ensuite sur une plaque de forex. L’opération suivante fut de simuler la torsion d’un papier plié sur une grande plaque thermo-moulée. Le résultat final évoque une sorte d’insecte géant, rouge, blanc et noir. La référence à l’artiste futuriste Umberto Boccioni propose une piste de lecture à cette œuvre dont les déformations évoquent les distorsions formelles futuristes. Du mouvement simulé de l’ambulance à sa réalisation dans l’espace, la sculpture revisite la représentation du mouvement mécanique célébré par le Futurisme, à l’ère du flux digital.

Sorte d’objet non identifié dont l’incongruité est saisissante, cette sculpture investit et interroge non moins sérieusement le champ des possibilités offert par l’imagination à l’heure de la toute-puissance des technologies digitales. L’attention permanente que l’artiste porte au processus de réalisation l’inscrit par ailleurs dans une filiation directe avec l’esthétique de l’Arte Povera. Son acquisition permet de représenter dans sa collection une nouvelle génération d’artistes italiens, en complément des oeuvres de Mario Merz et Jannis Kounnellis, fleurons de la collection du CAPC.

Ce qui frappe d’emblée dans l’oeuvre de Diego Perrone, c’est l’incongruité de ses représentations, leur aspect régressif, absurde et inquiétant. Comme si l’artiste prenait un malin plaisir à pousser jusqu’au paroxysme la logique de certaines conventions visuelles, à dépasser les limites de l’imagination. A l’image de ses photographies figurant de vieux paysans affublés de cornes d’animaux exotiques semblables à de mystérieux talismans (Comme suggérés par celui qui est resté derrière eux, 1999), ou de cette série de trous gigantesques que l’artiste a creusés pendant plusieurs mois afin de « percevoir le vide en terme d’objet et non en terme de langage » (Les Penseurs des Trous, 2002), ou bien encore de la vidéo d’animation digitale représentant l’agonie hyperréaliste d’un vieux chien (Près de Turin un vieux chien meurt, 2003).

L’oeuvre de l’artiste italien Diego Perrone (né en 1970 à Asti, vit à Berlin) a souvent été montrée dans les biennales internationales (Manifesta 2000, Venise 2003, Moscou 2005, Berlin 2006, Turin 2008) et est présente dans des collections de musées telles que celles du Centre Pompidou ou de la Fondation Guggenheim. L’exposition de l’artiste au CAPC en 2007 constituait sa première exposition personnelle en France. Elle était co-produite avec le MAMbo – Museo di Arte Moderna de Bologne.

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